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  Pourquoi le bizutage n'est pas près de disparaître
Posté par : Nimda - 03-19-2017, 11:57 AM - Forum : La culture : religions, idéologies, sciences, arts - Pas de réponse

Pourquoi le bizutage n'est-il pas près de disparaître ?


Tout simplement parce qu'il est l'un des instruments, l'un des symboles les plus forts du système moral qui domine le monde, de la mentalité de la toute petite minorité qui, à la tête des plus grandes société financières, des plus grandes multinationales, des plus grands états, tente de contrôler le monde et de le façonner à sa guise et selon ses intérêts. Pour en mesurer l'ampleur, il faut savoir que presque 60% des étudiants américains en sont passés par là, et que déjà dans les écoles, des enfants de 12 ans se regroupent pour jouer aux chefaillons et imposent ces rituels aux autres enfants. En France, ous n'en sommes pas ENCORE là, mais nous progressons bien !

Lorsque la banque Goldman-Sachs choisit ses dirigeants, elle ne veut surtout pas que ceux-ci soient désintéressés, altruistes, indépendants en pensée et en action. Elle veut que ces dirigeants soient incroyablement cupides, égoïstes, qu'ils n'aient sur le monde qu'un regard permettant de maximiser ses profits, qu'ils n'aient pour morale que ce qui leur permet d'agir librement dans la poursuite de ces intérêts, c'est-à-dire aucune morale. Par dessus tout, elle veut des gens serviles qui ont fait allégeance au système et vont consacrer tous leurs efforts à le défendre, même si les actions pour ce faire vont à l'encontre de tous les principes moraux de l'humanité.

C'est exactement ce que réalise le bizutage : dans les universités ou les écoles dites "grandes", des communautés d'étudiants ont été constituées, exactement sur le modèles des sociétés que l'on retrouve ensuite dans le monde professionnel, économique, politique. Des groupes d'influence et d'entraide dont le but principal est le triomphe des intérêts de ses membres, ceux-ci étant bien sûr issus de cette petite élite qui domine le monde (à moins qu'ils ne soient d'origine plus modeste mais aient comme but d'accéder à cette sphère sociale qui ne leur est pas réservée). Ces communautés d'étudiants sont le simple préambule aux réseaux plus ou moins opaques des "associations d'anciens", aux sociétés franc-maçonniques, aux cercles d'influence divers et variés, et n'oublions pas les partis politiques et même les syndicats de certains pays, à toutes ces structures de pouvoir plus ou moins locales ou globales, mais essentielles à la préservation de notre monde actuel, à la défense des intérêts d'une infime minorité au détriment de la quasi-totalité de l'humanité.

Profitant de la faiblesse mentale et morale des jeunes, de leur envie d'être acceptés, d'être valorisés, d'être rassurés en faisant partie d'un groupe solidaire, les anciens vont demander aux nouveaux, par des actions marquantes socialement et surtout psychologiquement, de se soumettre à des rituels leur imposant de renoncer à leur estime de soi, à leur valeurs morales, d'aller à l'encontre de leurs émotions les plus naturelles, au mépris de leur souffrance psychologique, voire physique, jusqu'à faire un trait sur tout ce qui dans leur éducation antérieure, peut faire obstacle à cette appartenance nouvelle.

Les enfants embrigadés par les Khmers Rouges au Cambodge, les enfants soldats en Afrique, tous ces enrôlements de l'enfance reposent sur les mêmes mécanismes psychologiques. Amenez un enfant à faire quelque chose qui est contre ses émotions, contre ses affects, contre sa morale, si possible sans violence et simplement par pression psychologique et sociale, et vous obtenez un parfait petit soldat prêt à faire n'importe quoi au nom de cette cause à laquelle il a vendu son âme sans même s'en rendre compte.

Les jeunes qui ont passé et réussi le bizutage sont bons pour faire partie de l'élite, on est alors certain que leur volonté appartenance à cette élite, que leur désir d'ascension sociale, dépassent leurs valeurs morales et leur convictions personnelles. Le jour où ils devront choisir, ils défendrons le système qu'ils servent et qui les sert, ils opterons toujours pour les intérêts particuliers de leur castes plutôt que pour l'intérêt du plus grand nombre, pour l'enrichissement matériel immédiat plutôt que pour l'épanouissement humain à terme, pour le profit plutôt que pour la morale.

Voilà pourquoi il n'y a aucune volonté réelle, au-delà des déclarations d'intention uniquement pour aller dans le sens d'un électorat potentiel choqué par de telles pratiques, de lutter contre le bizutage : lutter sérieusement contre le bizutage serait simplement lutter contre la logique profonde de ces groupes, associations, corporations, "fraternités", représentant l'élite sociale et constitués justement pour permettre sa reproduction précoce dès les premières années d'étude et alors que les esprits sont encore malléables et les convictions morales fragiles, quand même elles existent. Demander à nos élites de voter des lois, puis des décrets, puis de les faire appliquer, alors que ces lois iraient à l'encontre du système qui permet à ces élites de se reproduire, de se former, de se coopter, de se sélectionner, c'est bien évidemment sans espoir. Tout au plus peut-on obtenir des mesures afin que... cela se voit moins, reste masqué. Ou bien des textes sans aucun impact étant donné l'impossibilité de les appliquer ou l'ambigüité des termes dans lesquels ils sont formulés qui les rend inapplicables. Des lois qui permettent à des politiciens complices de dire à l'électorat choqué : "vous voyez, on a traité le problème".

On ne demande pas à une société mafieuse de lutter contre la mafia. On ne demande pas à une société corrompue de lutter contre la corruption. On ne demande pas à une société qui semble ne plus exister que selon une logique économique basée sur la marchandisation de l'univers et la recherche du profit avant toute autre chose, d'agir pour des valeurs humaines. On n'attend pas des élites d'une société qui ne tient que par l'allégeance inconditionnelle des individus à ce système élitiste qu'elle renonce au moyen sans doute le plus puissant pour asservir ses futurs membres.

Une société pareille, on n'en attend rien. On la change, et le plus vite possible !

Le bizutage a autant de bons jours devant lui que cette forme de société qui le produit et le soutient.




Bizutage caractérisé à la faculté de STAPS. Poitiers 2012.
Silence des coupables. Silence de la faculté. Silence des autorités.
Et donc silence des victimes.

Si on ne peut plus s'amuser...!


Qu'en dit la science ?

Qu'est-ce que la science ? Si on veut bien se débarrasser de toutes les idées reçues sur la science et regarder comment celle-ci à évolué, si on veut bien faire la part entre l'esprit scientifique d'une part, et d'autre par des institutions scientifiques souvent pas à la hauteur de cet esprit, et bien évidemment toutes les entreprises qui financent ces institutions pour produire des données qui leur sont utiles, on peut retenir cette idée : la science se caractérise (et elle se distingue ainsi des croyances, religions, idéologies) par le fait qu'elle est capable d'après ses hypothèses de faire des prédictions nouvelles et non évidentes sur la réalité, et qu'elle a le courage d'aller voir cette réalité de plus près pour voir si elle confirme ses prédictions. Ainsi Albert Einstein eut-il le courage en 1919 de soumettre sa nouvelle théorie au verdict d'une éclipse de soleil : si certaines étoiles normalement cachées par le soleil étaient visibles, c'était que la lumière, énergie sans masse, se comportait comme un objet massif et était déviée en passant à proximité du soleil, tout comme le sont les comètes. Si l'expérience n'avait pas confirmé cette prédiction inattendue, Einstein jetait sa théorie aux oubliettes pour en bâtir une nouvelle.

Le contenu de cet article est scientifique. Peu après l'avoir écrit, je me suis rendu compte qu'il contenait des hypothèses claires et pas évidentes, le fait que le bizutage était aujourd'hui pour l'essentiel un moyen de sélectionner et forger la future élite de nos sociétés de façon à ce que cette jeunesse reprenne vaillamment le flambeau et contribue à maintenir en place notre forme actuelle d'organisation économico-politique. Et qu'il n'y a donc aucun répit à attendre concernant ces actes. Mais en même temps, j'ai perdu de vue depuis longtemps la réalité du bizutage, en fait depuis 1998 et la loi du 17 juin, où plusieurs cas avaient provoqué l'indignation populaire et l'agitation politique, et depuis, je n'ai pas eu plus d'information sur le sujet.

Je me suis donc souvenu qu'à un moment je me voulais scientifique, et me suis demandé ce que les faits avaient à dire sur le sujet. Jugez par vous-mêmes...


1er fait : pas de loi sur le bizutage en dépit des évènements et de l'opinion publique

La loi elle-même, celle du 17 juin 1998, n'est pas une loi contre le bizutage. Cette loi est "relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs". Le bizutage n'est abordé qu'à l'article 14, et est défini ainsi : "le fait d'amener une personne à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif". Ainsi, les politiciens qui nous disaient traiter le problème sur lequel des "faits divers" avaient attiré l'attention ont en fait bien évité le problème.

Ils rattachent le bizutage à la délinquance sexuelle, c'est bien, cela touche le côté affectif des gens, leurs émotions, leurs bons sentiments. Et la seule chose qui semble poser problème à nos politiciens est l'humiliation ou la dégradation. On reste soigneusement sur le terrain psychologique, psychiatrique, sur celui de la perversion et des abus sexuels. Et comme les gens aiment bien qu'on parle de cela, parlons-en sans retenue ! Ici les psychologues sont les bienvenus.

Mais ils évitent soigneusement l'essentiel, le problème social, culturel et surtout : politique. Ne parlons surtout pas de ces groupes, associations, communautés, et de ce qui s'y passe, de leur raison d'être, de qui les tolère, les protège, les encourage, les finance. Ne disons rien sur les jeunes qui dirigent cela, sur leur milieu d'origine, sur leur mentalité. Occultons surtout les effets bien plus profonds, bien plus durables, bien plus généraux, de ces groupes, de leurs actions et notamment de leur rituels, sur les esprits des victimes comme sur celui des bourreaux. Là les sociologues ne sont pas les bienvenus. Merci Ségolène Royal (alors ministre et à l'origine de cette loi), d'avoir montré que sociologie et socialisme ne font vraiment pas bon ménage.


2ème fait : depuis la loi, pratiquement rien n'a changé !

"Après le vote de la loi de 1998, on s’était dit que les actes de bizutage allaient cesser. Force est de constater qu’on avait un peu rêvé." avoue Marie-France Henry, présidente du Comité national contre le bizutage (CNCB), en cette rentrée universitaire 2016.

L'article du Monde consacré au sujet résume ainsi : "Depuis 2010, la justice n’a condamné que 34 personnes pour délit de bizutage. Entre difficulté à prouver le bizutage et pression du groupe sur le bizut, la loi est difficilement applicable" (22 septembre 2016, Le bizutage, un délit peu condamné).


3ème fait : des actes avérés par photos, films, témoignages : classés sans suite

Renseignez-vous par vous-mêmes, je ne vais pas faire tout le boulot. L'information est là, pas cachée, même pas difficile à trouver. Les 34 condamnations pour bizutage depuis 2010, souvent très légères, donnent une idée de la façon dont ce phénomène est pris en compte. Et à côté de ces quelques jugements, nombres d'affaires, reposant pourtant parfois sur des témoignages sérieux, voire des photos ou des vidéos indiscutables, restent sans suite. On enterre l'affaire, on fait traîner, on attend que cela se tasse en demandant aux responsables de se calmer un peu, de ne pas recommencer tout de suite, ou d'être plus discrets. Non, le bizutage ne dérange pas. La plupart de ceux qui jouent un rôle important dans notre société, et donc dans le traitement de ces affaires, y sont passés, et il est possible que nombre d'entre eux considèrent le bizutage comme un moment important et irremplaçable pour forger le caractère. L'affaire de Poitiers évoquée plus haut avec la photo en est un bon exemple.

Voici ce que rapporte le Monde (28 octobre 2015) : Bizutage : Certains chefs d’établissement ferment les yeux.


4ème fait : plus l'école prépare au pouvoir, plus le bizutage est "hard"

Il est un fait indiscutable, c'est dans les facultés qui forment ceux destinés à occuper les postes de pouvoir, et évidemment dans les grandes écoles, que le bizutage est le plus împortant : droit, médecine, architecture.

Je laisse place au témoignage d'un bizuté qui n'a pas apprécié la plaisanterie et exprime fort bien les choses : "Enfin, et c'est le principal... Les écoles où l'on bizute forment le plus souvent l'élite de la nation, les futurs cadres, les futurs dirigeants. Comment attendre d'eux qu'ils éprouvent de l'empathie, de l'humanité, s'ils ont été formatés dans un système fondé sur l’humiliation subie, puis dispensée et que l'on répète à satiété que c'est une condition à l'intégration ? De la même manière que les parents maltraitants étaient souvent des enfants maltraités, le harcelé deviendra plus tard un harceleur." (Nouvel Observateur - Benjamin Borghésio : On a essayé de me bizuter, je ne l'ai jamais oublié (07-11-2011)).


5ème fait :  chassez le réel, il revient au galop !

Le sociologue et spécialiste du bizutage Marc Audebert commente : "Il faut imaginer la pression collective qui pèse sur le dos des victimes.... Parler, c’est toujours aujourd’hui risquer d’être exclu de la promotion, des prochaines activités, du réseau professionnel des anciens." Dans le cadre du bizutage, "la responsabilité individuelle tend à se dissoudre dans la responsabilité collective", selon Marc Audebert, ce qui explique la difficulté à définir qui est coupable et qui ne l’est pas.

Le même article du Monde conclut ainsi : "La victime se retrouve alors prise dans un « paradoxe normatif », tiraillée entre la loi du groupe et celle de la République. Au-delà de l’aspect juridique et judiciaire du bizutage, il faut donc aussi, et avant tout, « déconstruire ses logiques de justification » – selon lesquelles le bizutage est le seul moyen de « faire » le groupe..."

Pression collective, exclusion, promotion, réseau, dissolution de la responsabilité individuelle, paradoxe normatif, logiques de justification, loi du groupe incompatible avec celle de la république... est-on bien en train de parler de la formation de nos futures élites, ou bien de la préparation des élus à l'appartenance à un réseau mafieux ?

Ce ne sont là que des bribes de réalité, non reliées entre elles et surtout isolées du contexte social, mais c'est déjà suffisamment révélateur : et ce n'est pas notre tout jeune sociologue bien dans le rang et notre journaliste au Monde que l'on peut suspecter de critique excessive, de pensée déviante, d'extrémisme.



A un moment donné de notre histoire et dans certaines écoles, le bizutage a pu être du même ordre que les rites initiatiques que l'on retrouve dans de nombreuses sociétés traditionnelles, et avoir une certaine valeur humaine, morale, sociale. Aujourd'hui, il est devenu au mieux une perversion de groupe, au pire un moyen de sélection, d'aliénation et de reproduction d'une élite de la pire espèce : celle qui n'est ni digne ni capable de diriger quoi que ce soit, mais qui dispose du pouvoir et de l'argent pour le faire oublier.

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  Peut-on résoudre le problème du chômage ?
Posté par : Nimda - 02-15-2017, 07:07 PM - Forum : Politique, Economie, Finance - Pas de réponse

Au travail, pendant que nous buvions notre café après le repas, un de mes collègues, dépité par l'accumulation de mauvaises nouvelles en cette période il est vrai un peu troublée, me demande :

"Est-ce que tu penses que l'on peut résorber le chômage ?"

Et moi, dare-dare, je prends la question telle quelle, j'y réfléchis un instant et bien sûr fonce droit devant, en m'appuyant entre autres sur les économistes "non alignés", alternatifs, "atterrés", en évoquant les communautés ou systèmes d'échanges alternatifs existants, ou encore les sociétés qui nous ont précédés, des sociétés traditionnelles aux sociétés pré-industrielles pour les opposer à notre monde néolibéral dirigé maintenant par la finance internationale...

Bien sûr que l'on peut répondre ainsi à la question. Mais était-ce bien là la vraie question ? N'était-ce pas plutôt :

"Pourrait-on, on conservant le monde tel qu'il est et sans que j'ai à faire le moindre effort et à remettre en question mes habitudes et mon confort, juste résorber le chômage ? J'en ai marre de ces mauvaises nouvelles, je voudrais pouvoir de nouveau dormir tranquille."

Et là, fin du débat. C'est non. Ou alors tu te trouves une baguette magique ou une boulette d'opium.

Si nous laissons le monde tel qu'il est, avec au pouvoir un petit millième de la population détenant l'essentiel des pouvoirs, la quasi-totalité des avoirs financiers mondiaux et s'empressant de mettre la main sur toutes les terres arables, toutes les mines, gisements, nappes, bref toutes les ressources de la planète, non le chômage n'a aucune raison de baisser. Sauf bien sûr là où il peut être avantageusement remplacé par un esclavage généralisé. Wink2


Vous avez tous remarqué que le dessinateur s'est planté avec sa rotation de 180°,
j'espère que cela ne vous a pas empêché de sourire.

Et si nous espérons que cette élite toujours plus puissante et toujours plus riche découvre d'un coup l'humanisme, l'altruisme, la compassion, c'est que nous sommes à la fois bien ignorants de la situation et de la mentalité de cette élite, et bien inexpérimentés, dépourvu de connaissances historiques comme de compréhension sociologique ou psychologique. Et un peu nigauds quand même, car ces individus dégoulinent de façon de plus en plus évidente de mépris. Dans l'histoire du monde occidental, nous constatons que les membres de l'élite qui ont été capables d'un regard sur le monde et d'une action politique désintéressés ne sont que des personnages d'exception disparus (ou assassinés) sans avoir le temps d'influencer profondément les mentalités et moins encore le cours de l'histoire.

Si nous espérons qu'un seul élément du système puisse s'améliorer alors que le système ne change pas, c'est que les principaux liens nous échappent, la logique économique, politique, sociale, tout ce qui fait que ce système est parfaitement cohérent. Le système actuel a été pensé, planifié, mis en place au cours du dernier siècle, et il fonctionne très bien... Tout dépend pour qui !

Il faut prendre conscience que tout ce que nous prenons aujourd'hui pour du progrès et du bien-être, l'essor économique du XXème siècle, n'est dû qu'à l'abondance des ressources et en particulier à la découverte du pétrole. Prendre conscience que cette période d'abondance est terminée, nous sommes depuis plusieurs dizaines d'années dans la phase de pénurie croissante, notre machine économique est maintenant en manque de presque tout, pétrole, métaux, matières premières. Pendant cette période d'essor, la finance pouvait s'enrichir sur le dos d'une économie productiviste sans que cela se remarque, il fallait produire, consommer, et donc travailler et avoir assez d'argent pour acheter tout ce qu'il fallait vendre et entretenir ce système consumériste dément. Aujourd'hui, avec cet ultralibéralisme de pénurie, le seul moyen pour la finance de continuer à s'enrichir est de spéculer sur les valeurs, elle n'a appris à s'appuyer de moins en moins sur la production d'un système industriel fatigué : à force d'optimisation industrielle (l'organisation "scientifique" du travail), puis de rationalisation financière, après avoir pressé le citron jusqu'à la dernière goutte, le seul gain qui semble encore possible est... de se débarrasser au maximum de la main d’œuvre qui coûte cher. C'est d'une logique imparable. Il n' y a plus de jus dans le citron ? Extrayons la chair ! Quand il n'y aura plus rien à extraire, on vendra les morceaux qui restent, les derniers actifs, locaux, équipements, matériels...

L'essentiel de l'humanité doit maintenant supporter la raréfaction des ressources et surtout (car la raréfaction des ressources à elle seule aurait une solution et même plusieurs) le pouvoir d'une petite caste. Un pouvoir aujourd'hui immense, plus grand que celui jamais conquis par un groupe au cours de l'histoire de l'humanité. Ce pouvoir lui permet de dicter sa volonté aux gouvernants, aux entreprises et donc aux peuples. Elle est riche, elle est puissante, elle est protégée autant qu'on peut l'être des ennuis judiciaires, financiers et du peuple mécontent, elle est portée par les médias et enviée par l'essentiel de la population, elle pense avoir assuré ses arrières. Cette caste n'a donc, dans sa situation, sa logique, sa vision du monde, aucune raison de changer quoi que ce soit. Elle dirige notre monde comme le gourou d'une secte, mu par son désir de pouvoir, illuminé par son idéologie et aveugle à tous les signaux que le réel ne manque pourtant pas de lui envoyer.

Albert Einstein, à la Fédération des Scientifiques Américains (1946) :Notre monde est menacé par une crise dont l'ampleur semble échapper à ceux qui ont le pouvoir de prendre de grandes décisions pour le bien ou pour le mal. La puissance déchaînée de l'homme a tout changé, sauf nos modes de pensée, et nous glissons vers une catastrophe sans précédent. Une nouvelle façon de penser est essentielle si l'humanité veut vivre.

[ Einstein parlait bien sûr de la bombe atomique et de la guerre, et non du chômage. Donc d'un problème incomparablement plus dramatique. Et sur ce sujet, il constatait déjà l'aveuglement des dirigeants et leur incapacité à agir de façon raisonnable. Le résultat est que nous en sommes toujours là aujourd'hui, et si en France on évite d'en trop parler pour ne pas contrarier notre lobby de l'énergie CEA+ENA, le risque de conflit "atomique" est toujours extrêmement élevé. Je dis ça car je connais plusieurs personnes qui face à cette citation, seront tentées de dire "Mais tu vois bien, les élites sont finalement raisonnables, la guerre atomique n'a pas eu lieu et tout ça c'est réglé, terminé". C'est cette extraordinaire capacité d'aveuglement (en France, aucune retombée radioactive de Tchernobyl) ou d'illumination (avec les fous qui dirigent la Corée du Nord), cette capacité à déconner grave qu'est celle de nos élites qu'il faut retenir de cette citation. ]

Quiconque a discuté avec un homme politique ou avec un personnage de pouvoir le sait : ils ont la vérité, ils ne doutent de rien, ils sont immunisés contre toute contradiction, vaccinés contre tout ce qui ose s'élever du réel et les contrarier. Quiconque n'a pas laissé son esprit au vestiaire avant d'allumer la télévision peut en faire l'expérience affligeante avec chaque débat politique.

Non gars, le chômage, si tu ne fais rien, n'a aucune raison de diminuer. Si en plus tu peux comprendre que le chômage, tant qu'il reste limité, ne menace pas l'équilibre social et ne fait pas de vague, est exactement ce que la finance et les grandes entreprises peuvent rêver de mieux, si tu peux réaliser que cette idée est simple et incontournable, alors tu commence à comprendre. Il n'est rien de tel pour faire baisser les coûts salariaux, principal obstacle à l'ultime rentabilisation financière des entreprises, et pour disposer d'une main d’œuvre obéissante, mobile et corvéable à merci. Si tu commence à comprendre que tout ceci est parfaitement logique, même si un peu inhumain, alors tu commences à entrevoir le merdier dans lequel nous sommes.

Nous pouvons résorber le chômage... Ouvre simplement les yeux, bouge-toi le cul, et ça ira mieux !

Et me dit pas que tu va encore voter pour eux aux prochaines présidentielle... Non, c'est pas vrai  ! Tu es vraiment incorrigible !

Ou comme le disait fort bien un de mes camarades de lycée, pas intellectuel pour deux sous, mais avec, comme disait Coluche, les deux pieds qui touchent bien par terre : "Et quand tu pisses sur tes pompes, tu te plains qu'il pleut ?"

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  Il est loin le libéralisme de grand-papa !
Posté par : Franck_Audeport - 02-07-2017, 09:19 PM - Forum : Politique, Economie, Finance - Pas de réponse

Nous sommes passé d'un libéralisme d'abondance basé sur l'exploitation et la transformation des ressources à un libéralisme de pénurie, basé sur la spéculation et la rationalisation financière de l'économie.

Les qualités humaines qui avaient été nécessaires pour trouver, extraire, produire de la valeur, et qui ont fait l'histoire de l'humanité, n'ont plus cours aujourd'hui. Les qualités requises dans le "néolibéralisme" sont les pires défauts humains que l'on puisse imaginer : l'absence de toute valeur morale, la capacité à n'envisager le monde et l'humanité que comme ressource à exploiter, la capacité à détruire dans la plus grande indifférence les entreprises qui fondent l'économie réelle en les pressurant jusqu'à l'extrême pour en faire sortir la moindre valeur boursière, la capacité à ne pas réaliser que le système économique actuel, où l'ensemble de l'argent détenu et échangé ne recouvre rien d'autre que des dettes irrécouvrables et des spéculations sans fondement, est une aberration non viable.

Le libéralisme de grand-papa n'était pas viable non plus, certes, il amenait tranquillement notre monde à l'épuisement des ressources, à la pollution totale de l'environnement, aux déséquilibres sociaux majeurs. Il nous amenait au bord du précipice, mais il n'allait pas trop vite, il nous laissait le temps d'ouvrir les yeux et la possibilité de réagir.

Le néolibéralisme actuel ("ultralibéralisme", "capitalisme financier", peu importe) est une fuite en avant à un rythme accéléré et forcément aveugle, qui a besoin pour entretenir cet aveuglement de toute la puissance des médias, de sons et d"images diffusés partout et en permanence, pour ôter aux peuples qui subissent ce mouvement toute possibilité de l'entraver.

Aux peuples, l'aveuglement et l'idéologie consumériste de base. Aux élites, la foi, l'idéologie techno-scientiste : les nanotechnologies trouveront des solutions, l'énergie gratuite c'est possible, de nouvelles ressources se trouveront forcément, les sciences ont toujours trouvé des solutions... Et pour les plus pessimistes de nos élites : quand la vie sera devenue impossible sur terre, nous serons en mesure d'inventer d'autres formes de vie entre OGM et bionique, ou de quitter la planète...

Avec des petits hommes verts servant de taxi intergalactiques ?

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  Les hiérarchies
Posté par : Franck_Audeport - 02-07-2017, 08:43 PM - Forum : Politique, Economie, Finance - Pas de réponse

Dans nos sociétés néolibérales, les hiérarchies sont la principale forme d'organisation par laquelle une minorité incompétente, avec pour seul idéal ses désirs matérialistes et pour seule qualité son absence de valeurs morales, maintient et accroît son pouvoir sur la majorité.

Dans les institutions de l'Etat, dans les partis politiques, dans les syndicats, dans les entreprises et même jusque dans les associations dites de gauche, humanitaires, altermondialistes, cette forme d'organisation héritée de nos instincts animaux les plus primaires, mais raffinée par notre intelligence instrumentale et renforcée par notre égoïsme exacerbé, cette forme d'organisation sévit durement. Aujourd'hui, elle empêche ceux dont les rêves et les espoirs sortent du rang, ceux qui auraient les qualités pour diriger le monde autrement que pour les intérêts égoïstes à très court terme des minorités au pouvoir, tous les êtres humains de valeur de pouvoir influer le cours des choses.

Dans mon entreprise, il est totalement impossible de trouver un représentant de la hiérarchie capable d'exprimer une idée qui contredirait son supérieur hiérarchique. La vérité vécue par tous à la base de l'édifice, dans le travail quotidien, dans les relations de travail, cette réalité ne remonte que rarement le 1er niveau de la hiérarchie, et quand elle atteint, déformée, affadie, politiquement corrigée, le 2nd niveau, elle ne le dépasse jamais. Ainsi nos élites incompétentes peuvent rester dans leur monde virtuel, coupés du réel, mais certains de leur compréhension du monde et de la justesse de leurs décisions qui, ça tombe bien, servent leurs intérêts.

Les hiérarchies sociales pouvaient dans les sociétés qui nous ont précédé avoir une certaine "utilité" sociale, voire une certaine noblesse lorsque le pouvoir était attribué à une personne ou conquis par elle en raison de ses qualités. Elles pouvaient jouer un rôle important dans l'éducation des individus comme dans la bonne conduite des affaires sociales dans l'intérêt du groupe. Aujourd'hui, elles sont l'un des principaux vecteurs de l'idéologie néolibérale et l'instrument principal de l'asservissement des masses aux intérêts d'une minorité de plus en plus petite, mais de plus en plus riche et puissante.

C'en est fini en Inde des gourous aidant leurs disciples à clarifier leur cheminement personnel. C'en est presque fini en France du compagnonnage permettant aux apprentis d'hériter de siècles de connaissances transmis par leurs patrons. Elle est terminée cette époque des grands patrons ingénieurs, faisant réussir leur entreprise grâce à leurs connaissances et compétences.

Nous sommes maintenant à un moment où la hiérarchie n'est plus qu'oppression, où tout ce qu'il y a d'humanité est écrasé par la médiocrité et la vanité.

N'émergent plus des partis politiques que les plus minables, ceux dont les motivations sont les moins nobles, dont les compétences sont des plus douteuses, ceux qui n'ont jamais réalisé autre chose dans leur vie que la quête du pouvoir.

Nous le savons tous, nous ne sommes pas si idiots que cela. Le chant de plus en plus assourdissant des sirènes médiatiques ne nous empêche pas, lorsque nous nous coupons de ces médias pour simplement regarder autour de nous et discuter avec notre prochain, de constater la nullité de ceux qui nous dirigent et les dégâts qu'ils commettent.

Mais posons-nous ces question. Jusqu'à quand allons-nous néanmoins, au dernier moment, sous prétexte de vote "utile", avec la culpabilité du vote qui "n'est pas un droit, c'est un devoir", pour les raisons les plus mauvaises les unes que les autres, voter pour ces tristes individus que les grands partis nous imposent et donc les confirmer aux postes de pouvoir qui devraient leur être interdits ? Et dans notre travail, jusqu'à quand allons-nous finalement, sans rien dire qui porte vraiment à conséquence, pour ne pas risque d'être mal vu puis réprimandé, nous soumettre à des individus dont nous savons qu'ils ont tort et dont nous subissons de façon de plus en plus évidente les inconséquences ?

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  Le but de nos démocraties actuelles
Posté par : Franck_Audeport - 11-04-2016, 02:48 PM - Forum : Réflexions vraiment très générales - Pas de réponse

Le but de nos démocraties actuelles semble être d'empêcher les gens compétents et responsables d'accéder au pouvoir pour y amener des individus imbéciles dont les seules qualités sont, de façon de plus en plus évidente, la cupidité et l'absence de scrupules.

Les médias ont évidemment dans cette mission un rôle crucial, en s'assurant que les populations restent au moins aussi imbéciles qu'elles élisent. Il leur faut pour cela occulter tout ce qui pourrait informer et faire réfléchir, soit en le rendant inaccessible à la majorité pour des raisons d'horaires (à 3 heures du matin, on peut effectivement dire beaucoup de chose à la télévision, dès lors que personne n'écoute), soit en le noyant ces quelques rares informations dans un déluge d'informations insignifiantes et incompréhensible (le journal de 29 heure étant le fer de lance de cette offensive), soit tout simplement en comptant sur les individus eux-mêmes pour choisir les contenus qui le distraient, le sexe, la violence, le jeu, le sport, la mode, le "fun", plutôt que les contenus qui l'indisposent et risqueraient de le faire réfléchir.

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  Aujourd'hui, comment décide-t-on ?
Posté par : Franck_Audeport - 10-14-2016, 08:17 AM - Forum : Réflexions vraiment très générales - Pas de réponse

Plus mon expérience s'accumule, dans de la sphère politique qu'économique, et plus elle confirme une chose.

Dans le passé, les grandes décisions importantes n'ont pas toujours été des plus éclairées. L'exemple de la ligne Maginot nous montre bien comment les hiérarchies militaire et politique au plus haut niveau, ont pu être incompétentes, consacrer un budget énorme pour une entreprise totalement inutile (même si très bien réalisée par ailleurs), la 2ème des guerres dite "mondiales" l'ayant clairement démontré. La ligne Maginot consistait à construire un obstacle militaire entre la France et les pays à l'est et au nord... ou plus exactement la plupart des pays à l'est et au nord, et en laissant des trous béants sur une bonne partie de la frontière, à savoir la Belgique et la Suisse. C'est presque construire une chaîne extrêmement solide en oubliant juste 2 maillons : quiconque a une vue d'ensemble, une vision stratégique et un peu d'imagination en repère les points faibles. Les stratèges allemands n'ont pas mis plus de quelques heures (et sans aucun argent) pour trouver comment rendre vain ce formidable ouvrage qui demanda rien moins que 5 milliards de francs de 1930 à 1936.

Les techniciens qui ont conçu l'ouvrage étaient compétents. Les ouvriers qui l'ont réalisé étaient compétents. Les militaires qui ont apporté leur contribution à la conception et à la réalisation étaient compétents. Les décideurs ne l'étaient pas.

Mais nous pouvons dans l'histoire trouver aussi d'innombrables exemples de systèmes de décision qui ont fonctionné correctement et ont conduit à des actions réussies. OK, on verra que dans tous les cas de projet réussi, ces instances de décision étaient finalement assez réduites, et finalement assez peu démocratiques, donc finalement assez différentes des instances de décisions actuelles, mais cela nous entraînerait vers d'autres réflexions. La seule chose que je retiens, c'est qu'il existait des instances de décision au plus haut niveau composées de gens compétents, expérimentés, clairvoyants, qui ont su parfois très rapidement faire les bons choix pour réussir.

Aujourd'hui ? Tous les lieux de décisions importants ont été trustés par des individus non seulement incapables de faire quoi que ce soit par eux-mêmes, mais souvent même incapables de décider, de trancher, de s'engager, bref, de prendre leurs responsabilités et même pire, de diriger efficacement. Par des individus totalement coupés du réel, au sommet d'une hiérarchie de désinformation par des subordonnés serviles ou intéressés qui s'empressent de faire passer ce qu'il jugent comme "la bonne" information à leur supérieurs. Par des individus dont finalement la seule qualité n'en est pas une, celle d'être simplement stratégiquement bien placés. Des individus arrivés à leur poste souvent par soumission initiale à leur hiérarchie, par cooptation - relations personnelles - entregent - influence, quand ce n'est pas par mensonge, intrigue, malversation. On constate tristement par exemple comment nos actuels dirigeants socialistes mentent à propos de leurs études ou de leurs diplômes, démontrant ainsi à quel point le mensonge est aujourd'hui normal, systématique, comme une composante indispensable de la stratégie marketing pour se promouvoir ou promouvoir son groupe.

Ces individus sont parvenus au fil du temps à exclure du système décisionnel tous ceux qui ont les informations, les connaissances, les compétences, l'expérience nécessaires pour faire marcher les choses. Nous avons des scientifiques, des ingénieurs, des techniciens, des experts, des professionnels aguerris, bref des gens compétents. Mais ils ne font plus partie des instances de décision. Ils sont juste appelés par ces instances lorsqu'ils peuvent apporter une information qui cautionne la volonté de l'un ou de l'autre des membres de cette instance, autrement dit pour alimenter le jeu politique qui se trame au sein de ces instances. Ou bien ils interviennent après, quand les décisions sont prises, pour aider à les mettre en œuvre.

Dans ma société informatique, aucun informaticien ne fait partie de ces instances de décision qui sont emplies de gens qui seraient incapables de faire quoi que ce soit, avec un ordinateur, ou avec quelques ordinateurs + un réseau + une connexion internet, et où les gens qui ont quelques connaissances concrètes se retrouvent dans les instances de décision les plus basses de la hiérarchie. Seul notre nouveau directeur semble comprendre quelque chose et avoir fait ses preuves précédemment, mais il fait un peu figure d'extra-terrestre au milieu de gens qui ont pris l'habitude de voir leur ignorance de l'informatique récompensée par l'obtention de postes d'encadrement et la participation parfois au plus haut niveau aux décisions stratégiques.

Notre monde est maintenant régi par des instances de décisions déconnectées du réel, d'un haut niveau d'incompétence, mais qui, ayant exclu tout ceux qui pouvaient apporter informations, connaissances, compétences et expérience, n'ayant plus dans leurs rangs personne pour les contredire, sont convaincues de leur légitimité.

Une des conséquences les plus fâcheuses pour notre monde est la suivante. Les grands problèmes, écologiques, économiques, sociaux, sont de plus en plus pressants, dramatiques, ils demandent des solutions dans l'urgence. Mais comme les individus qui constituent des structures de décision, sans bien sûr admettre leur incompétence, la ressentent, ils s'avèrent ainsi souvent incapables de décider, d'arrêter leur choix, ils préférant occulter les problèmes derrière la façade médiatique et le discours idéologique (la Novlangue, inventée par George Orwell pour son roman 1984, est devenue la langue officielle des politiciens et des patrons de grandes entreprises) ou en repousser le règlement sous les prétextes les plus divers. En continuant bien sûr de faire semblant de "maîtriser".

Tout ce que ces individus savent aujourd'hui faire devant l'urgence, c'est hésiter, tergiverser, créer des groupes d'étude, des commissions d'experts, mettre en place des structures et des modes de fonctionnement qui garantissent l'impuissance (c'est particulièrement choquant au niveau de l'Union Européenne), qui interdisent justement toute action rapide et décisive, pour reporter les actions utiles et ne laisser possibles que les actions sans réel impact sur le problème à résoudre.

Et bien évidemment, comme les gens qui sont dans ces instances de décision représentent non pas les citoyens, les travailleurs, les peuples, mais les petites minorités au pouvoir, et qu'ils œuvrent hors de tout contrôle démocratique (avec par exemple, dans le monde du travail, des syndicats de plus en plus faibles et des employés de plus en plus passifs), ces instances déconnectées du réel ne servent plus que l'intérêt exclusif de ces minorités au détriment des intérêts généraux des peuples, de l'humanité, de la planète. Elles n'ont même plus les contrepouvoirs qui autrefois, s'ils ne permettaient pas forcément de trouver des solutions, empêchaient que les décisions ne soient prises en fonction des seuls intérêts de la minorité au pouvoir.

Nos élites dirigeantes ne sont même pas capables de voir qu'à terme, elle œuvrent pour une ruine généralisée de l'économie, de l'humanité et de la planète, qui les emportera bien avant que les peuples dirigés ne disparaissent complètement : car pour maintenir ses richesses, la minorité régnante a besoin d'une majorité de pauvres que l'on exploite et d'un peu moins pauvres qui consomment. Lorsque ces majorités ne pourront plus ni être exploitées, ni consommer, la minorité apprendra alors très vite ce qu'est la précarité.

Je ne vois nulle part dans nos systèmes de décision actuels un changement s'amorcer qui pourrait éviter ce scénario. Il n'y a désespérément plus aucune lueur d'intelligence, de courage et d'humanité chez nos soit-disant "représentants" politiques, et pas davantage chez les dirigeants des grandes entreprises qui mènent l'économie. Les quelques velléités de réalisme et d'efficacité que j'ai repérées, dans la vie politique ou économique, ou simplement autour de moi dans mon entreprise, ont été très vites contrecarrées et vouées à l'échec par la réaction du système, elles ne semblent plus être en mesure de déstabiliser ce système au point d'en modifier sa course inexorable.

Quand le pilote n'a plus moyen de changer sa direction et sa vitesse tout simplement parce qu'il n'en voit plus la nécessité, seul le choc contre le mur peut lui rappeler la réalité. C'est un peu brutal, mais finalement, c'est assez mérité.

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  A quoi ressemblera le monde de demain ?
Posté par : Franck_Audeport - 10-10-2016, 09:13 PM - Forum : Le quotidien - Pas de réponse

Rencontre du troisième type

Je viens de rencontrer des responsables d'assez haut niveau des systèmes informatiques centraux d'une banque française bien connue, une banque que l'on ne peut ni qualifier de systémique étant donné son ampleur franco-française ni taxer de spéculative tant les déposants y viennent justement par réflexe de sécurité et verraient d'un mauvais œil l'implication de celle-ci dans des bulles spéculatives qui ont secoué notre monde occidental ces dernières années, et nous promettent de plus belles choses encore dans un proche avenir.

Cette banque doit faire face d'une part à des défis informatiques, passer d'un système franchouillard, mis en place tant bien que mal mais sans sérieux ni compétence excessifs, à un système informatique rigoureux, efficace, en accord avec les exigences de l'Europe (les accords de Bâle II). Elle doit faire face d'autre part à des défis plus généraux pour faire face à la crise morale (et par voie de conséquence économique) qui frappe notre pays comme bien d'autres : un sou est un sou disait ma grand-mère, et nos dirigeants en font chaque jour le constat.

Les individus que j'ai rencontrés, j'en connais l'existence, mais j'essaie autant que possible de les éviter ou de limiter le plus possibles nos échanges. Les archétypes de ces jeunes diplômés (pour ce que ça vaut), ambitieux (pour eux, pas pour le monde) et respectueux (du business, pas de l'humain), dont les plus mordants se traders sur les marchés financiers. Cette fois, j'avais l'occasion de passer une bonne demi-journée avec eux et de les voir dans leur milieu naturel, s'exprimant librement et sans retenue. Ils sont d'ailleurs tellement convaincus qu'il n'ont aucune raison de se retenir ou de se cacher.


Vieux borgne, cherche jeune aveugle qui puisse le guider...

Et donc pour préparer son avenir, cette banque, comme bien d'autres entreprises actuelles, ne trouve rien de mieux que... de nommer des tout jeunes à des postes de responsabilité assez élevés. Cela mérite bien une explication. L'ethnologie comme l'histoire nous montrent qu'aucune société ne faisait confiance aux jeunes pour mener les affaires, ceci demandant une expérience et une sagacité dont ceux-ci sont par définition dépourvus. Notre société contemporaine semble faire l'inverse, de plus en plus mettre les vieux au rancart (enfin, ceux qui n'ont pas le pouvoir, car dans le monde politique ou les grandes entreprises, ce n'est pas tout à fait la même logique), et en appeler aux jeunes.

D'abord, mentionnons derrière ces nominations une manipulation. La haute direction confie des postes de responsabilité à des jeunes qui ont envie de réussir au point de devoir monter sur des échasses pour que leurs dents ne raient pas les parquets, qui n'ont pour seule valeur morale que leur réussite sociale basée sur une combinaison d'argent, de pouvoir et de prestige, qui n'ont pour interdit que ce qui pourrait nuire au business, et qui hors leur immersion dans le monde actuel et leur ambition, n'ont pas forcément beaucoup d'autres qualités. En confiant des postes de responsabilité à ces jeunes, la direction est certaine de pouvoir compter sur leur engagement, leurs efforts, leur loyauté et... leur obéissance, incapables qu'ils sont de porter sur la société un regard global, sociologique, historique, pour comprendre ce qui se passe. La direction, qui elle sait un peu plus qu'eux où elle va, ne serait-ce que parce qu'elle est nommée politiquement au lieu d'être recrutée comme tout employé sur la base de ses compétences, se met dans la poche des personnes qui vont œuvrer dans le sens de la politique décidée en haut lieu et seront incapables de la remettre en question.

Mais le fait de miser sur des jeunes a une autre explication. A une époque comme la nôtre où l'oligarchie vieillissante n'a aucune idée de la façon de résoudre des problèmes que son imprévoyance, sa bêtise et sa cupidité ont engendrés, certains dirigeants envisagent le plus sérieusement du monde de s'adjoindre l'aide de jeunes bien insérés dans le monde actuel, capables de voir les tendances et même de les pressentir, donc de trouver de nouvelles idées pour occuper le marché existant et pour créer de nouveaux marchés. Et là, ça craint vraiment. Cela nous en dit long sur l'état de détresse de nos dirigeants et les solutions désespérées qu'ils en arrivent à envisager pour sauver leur entreprise. Si les jeunes ne marchent pas, il restera la voyance ou pire. Confier des rôles de réelle responsabilité à des jeunes qui n'ont pas de sens réel de l'orientation, mais juste celui de l'opportunisme, cela nous en dit long sur la désorientation de nos dirigeants et leur renoncement à prévoir à long terme.

Pendant une demi-journée, j'ai découvert un responsable, en phase avec son équipe, s'extasiant devant la BI ("Business Intelligence") et le décisionnel (les outils d'aide à la décision) et surtout, en érection devant les promesses du "Big Data" (l'analyse des données de masse venant notamment des activités sur internet) pour diminuer les coûts, maximiser les gains, trouver de nouvelles pistes pour des produits, des services, des marchés... La seule chose qui le gêne dans le démarchage des clients potentiels n'est pas le fait de vendre des choses dont les gens n'ont pas besoin, ni même d'envahir l'espace social des individus, ni d'attenter à leur vie privée, c'est juste qu'il ne faudrait pas paraître "commercialement trop agressif", car là, cela nuirait à l'image de marque de la banque et se retournerait contre ses intérêts. On atteint le zéro absolu du respect de l'être humain, la subordination totale de l'individu et de la  société à des objectifs économiques.

Aucun recul évidemment. Aucun d'entre ne peut citer un seul exemple d'une entreprise ayant réussi grâce à la BI, au décisionnel, au Big Data, mais ils répètent tous de façon servile ce qu'on leur a appris, à savoir que la BI, le Décisionnel, le Big Data, c'est bien. Faut dire qu'il y a bien une large majorité d'électeurs qui, malgré les déceptions répétées et les promesses régulièrement non tenues, continuent à voter fidèlement pour les candidats qui leur promettent des miracles sans en avoir jamais accompli un seul, comment pourrions-nous en vouloir à ces jeunes de croire aux vertus de ce que leur école leur a enseigné comme étant la bonne façon de gérer une entreprise ?


L'avenir est dans la m...

Toto a appris des mots nouveaux à l'école, mais comme il n'a pas tout compris, il demande à son père : "Papa, peux-tu m'expliquer ce qu'est un camarade, un gouvernement, un avenir ?" Le père est pressé, il y a un match de foot bientôt à la TV, alors il va au plus vite : "Des camarades, c'est toi et moi, nous pouvons rigoler ensemble, tu me fais confiance. Le gouvernement, c'est ta mère, parce qu'elle sait ce qu'elle veut, c'est elle qui décide. L'avenir, c'est ta petite sœur, car elle a toute sa vie devant elle." Toto semble avoir compris. La nuit, réveillé par les pleurs de sa petite sœur, Toto se précipite dans la chambre de ses parents, réveille son père et dit tout fier : "Camarade, réveille le gouvernement, l'avenir est dans la merde !"

Je suis reparti de ce rendez-vous atterré. Nos dirigeants des grandes sociétés sont à ce point à court d'idées pour la bonne marche de leur entreprise qu'ils en arrivent à engager des jeunes, sans expérience, sans valeur morale, avec pour seule vision de l'avenir qu'un monde "rationalisé", c'est-à-dire instrumentalisé, rentabilisé, commercialisé.

A chaque fois qu'une société misera sur des gens sans expérience et sans moralité, dont la cupidité seule fait office de clairvoyance, au lieu de s'appuyer sur des gens dotés d'expérience, de valeurs morales, capables de voir un peu plus loin où va le monde, cette société ira dans le mur. Les borgnes d'hier n'iront pas loin en appelant les aveugles d'aujourd'hui pour les guider. Il leur suffirait d'ouvrir les deux yeux pour s'apercevoir que finalement ils ne sont pas borgnes et marcher de nouveau droit.

Il est vrai que pour s'appuyer sur les personnes qui ont l'expérience, les valeurs, la capacité de voir, encore faut-il que nos directeurs soient d'abord capables de les reconnaître, et ensuite de confier des responsabilités à ces gens qui valent peut-être mieux qu'eux et serait capables de mettre en question leur stratégie. C'est quand même plus agréable de s'entourer de petits jeunes qui ne sont pas prêts de mettre les pieds dans le plat, d'émettre la moindre idée politiquement incorrecte, et vont bien sagement investir leur énergie dans la direction tracée pour eux, en espérant que leur contact avec la société d'aujourd'hui leur permettra de réaliser l'adaptation de l'entreprise d'hier au monde de demain.

Et c'est vrai, ces jeunes cons qui veulent monter dans la hiérarchie pour montrer ce qu'ils valent aux vieux cons, réussiront peut-être, par l'utilisation du Big Data, à trouver de nouvelles offres dont le public n'a pas besoin, mais qu'une utilisation habile du marketing et des canaux sociaux et médiatiques finira par rendre indispensable. Les commerciaux réussirons à fourguer ces nouvelles offres en ne laissant plus aucun répit à l'acheteur potentiel, en l'attaquant le dimanche et jours fériés, au cours de ses moindres déplacements sur internet, et évidemment grâce à ce formidable terminal de vente que les clients achètent eux-même parfois fort cher qu'est le smartphone. Si besoin, on fera voter des lois par les politiciens pour légitimer les actions des entreprises et contraindre ou restreindre celles des usagers et consommateurs.


Le problème, c'est je n'ai aucune envie de vivre dans ce monde là. En relisant "Mein Kampf", je réalise tout ce qu'il y avait encore d'humanité dans l'utopie d'Adolf Hitler, entre la sécurité sociale, la médecine et l'éducation pour tous, la santé et le sport, le respect des traditions et de l'artisanat. Même certains arts (pas trop juifs tout de même) avaient encore le droit d'exister. Tout ce qu'il y avait d'humanité dans les utopies fascistes a totalement disparu de la mentalité de ces nouveaux dirigeants, qui nous amènent droit à un univers glacé dans lequel les intérêts de l'économie ultra-libérale ont supplanté tous les espoirs les plus légitimes des peuples humains.

Entre le fascisme de grand-papa à visage encore peu humain, même si parfois ce visage tient plus du masque que de l'humanité profonde et ressentie, et le néolibéralisme contemporain dans lequel plus aucune trace d'humanité ne subsiste, mon cœur balance.

Au fil de leur ascension, ces jeunes irresponsables, ambitieux, émerveillés par le monde actuel et ses opportunités deviendront de vieux désabusés et cyniques, accrochés à leur position sociale. Dans 20 ans, l'avenir, devenu présent, sera vraiment dans la merde. Mais peut-être l'humanité y aura-t-elle pris goût ? Après tout, comme le suggérait avec ironie Bertold Brecht, comme on ne va pas changer les dirigeants, on peut essayer de changer le peuple...



Post scriptum : un jeune, c'est formidable !

Je ne voudrais pas donner l'impression d'un vieux con qui déteste les jeunes. C'est formidable, un jeune. Ca peut rêver plus et plus loin qu'un vieux, ça peut apprendre plus et mieux qu'un vieux, ça peut aimer plus facilement qu'un vieux (je ne parle pas d'érection, je parle de sentiment !). Et ces qualités que je trouve d'admirables chez un jeune sont justement ce que je ne trouve pas chez ce modèle de jeune qui aujourd'hui gravit les échelons des diverses hiérarchies sociales, qui ne rêve pas mais a des plans, qui n'apprend pas mais a des certitudes, qui n'aime pas mais a des désirs, qui vit pour son petit égo au lieu de s'ouvrir sur le monde. En faisant appel à cette jeunesse que j'aime, on peut bâtir un monde viable et enviable. En utilisant cette autre jeunesse que j'ai rencontrée dans cette banque, on peut juste construire un monde pire que celui d'aujourd'hui, avec pour seule morale la loi de l'économie ultralibérale.

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  Peuple et gouvernement : la solution de Bertold Brecht
Posté par : Franck_Audeport - 10-06-2016, 07:55 PM - Forum : Aphorismes & Citations - Pas de réponse

Bertolt Brecht - La solution (écrit en 1953, censuré, publié en 1959) :
Après l'insurrection du 17 juin,
Le secrétaire de l'Union des Écrivains
Fit distribuer des tracts dans l'Allée Staline.
Le peuple, y lisait-on, a par sa faute
Perdu la confiance du gouvernement
Et ce n'est qu'en redoublant d'efforts
Qu'il peut la regagner.
Ne serait-il pas
Plus simple alors pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d'en élire un autre ?

Texte original en allemand : Die Lösung :
Nach dem Aufstand des 17. Juni
Ließ der Sekretär des Schriftstellerverbands
In der Stalinallee Flugblätter verteilen
Auf denen zu lesen war, daß das Volk
Das Vertrauen der Regierung verscherzt habe
Und es nur durch verdoppelte Arbeit
zurückerobern könne. Wäre es da
Nicht doch einfacher, die Regierung
Löste das Volk auf und
Wählte ein anderes?

Il y a plus de 60 ans, Bertold Brecht écrivait à propos de l'Allemagne de l'Est ce qui se passe aujourd'hui dans notre vieille Europe et particulièrement en France : une élite qui monopolise le pouvoir, qui n'entend pas se remettre en question et préfèrent discréditer le peuple, ce salaud de peuple, populiste, raciste, borné, attaché à des valeurs obsolètes.

J'apprenais il y a peu qu"Emmanuel Macron, notre ministre des banques et des grandes entreprises internationales, non satisfait de pouvoir conduire l'économie française à la ruine, projetait d'y amener tout le pays en accédant au pouvoir suprême, celui de président de la république. Ou plus exactement, j'apprenais comment ce triste individu sans idéal et sans morale s'y prenait pour peu à peu non pas modifier son programme pour l'adapter aux besoins et aux attentes du peuple français, mais pour modifier le peuple français et l'adapter à ce que de toute façon il a décidé de faire car cela satisfait les intérêts de ses commanditaires, et que c'est même à eux qu'il doit d'être là où il est aujourd'hui. On ne falsifie pas sa biographie pour finir responsable et même associé chez Rothschild pour servir les intérêts du peuple.

Il fait ainsi appel à l'une des sociétés les plus connues, spécialisée dans l'analyse des données d'internet, pour repérer, entre autres, qui sont les indécis susceptibles de changer d'opinion politique, où ils se situent géographiquement et quels sont les thèmes à aborder et les mots à employer pour parvenir à faire pencher ces indécis du bon côté.

Et Emmanuel Macron n'est que l'un de ces nombreux parasites qui chez les Républicains-Socialistes (les autres partis n'étant pas beaucoup plus reluisants), servent leurs intérêts, ceux de leur caste ou de leurs mandataires, en bernant le peuple et en le dépossédant peu à peu de tout, son travail, ses économies, sa culture, ses droits.

Et comme ce peuple n'a plus vraiment toute sa tête, comme ses neurones se sont entre eux déconnectés pour se brancher en permanence sur les médias, gageons que les politiques auront de moins en moins besoin de répondre à ses préoccupations, attentes et besoins légitimes, et seront de plus en plus tentés d'utiliser cette connexion de plus en plus permanente et exclusive pour modifier se peuple, l'influencer, modeler ses idées, ses opinions et jusque ses sentiments et émotions.

A la suite de Sarkozy, ils n'hésiterons plus à renier la volonté populaire, les référendums et consultations diverses, à discréditer l'électorat en tenant à son égard des propos de plus en plus proches de l'insulte, pour finalement orienter la société dans une direction déjà fixée à l'avance par ceux qui détiennent le pouvoir financier et économique.

Dans l'esprit des français, il y a encore des réactions, mais ça ne connecte plus vraiment, ça ne fait plus le lien entre la cause et l'effet, entre l'action et les conséquences. Au final, ce pauvre peuple qui a pourtant connu des moments plus glorieux continue désespérément de voter pour ceux qui le méprisent, le manipulent et l'exploitent, exactement comme une femme battue et maltraitée reste attachée à son bourreau ou passe d'un homme qui la bat à un autre qui la maltraite. C'est exactement le même mécanisme psychologique.

Les esclaves ont bien assimilés leur condition d'esclave. S'il fut difficile de faire perdre à de nombreux noirs américains la mentalité d'esclave qui leur faisait accepter leur sort comme normal, il le sera encore plus de faire perdre aux français cet aveuglement qui leur fait accepter des individus non seulement incompétents, mais ouvertement malhonnêtes, comme des personnes dignes de diriger un pays, tant leur situation est advenue lentement, sans traumatisme massif, et tant ceux qui nous dirigent nous ressemblent, et hélas pas que par la couleur de la peau.


Le cauchemar de Bertolt Brecht est terminé. Le nôtre a commencé.

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  Comment savons-nous que nous pensons juste ?
Posté par : Franck_Audeport - 09-26-2016, 12:59 AM - Forum : Questions - Pas de réponse

Comment savons-nous que nous pensons juste ?


Eh oui. Nous pensons certaines choses, et évidemment nous croyons être dans le vrai, sans quoi nous changerions sûrement d'idée.

Malheureusement, pour chaque idée en laquelle nous croyons (avec une force de conviction très variable selon les idées et selon les individus), il est possible d'énoncer une idée contraire en laquelle d'autres croient tout autant, voire plusieurs idées alternatives qui ont toutes leurs défenseurs.

Donc je repose la question : comment savons-nous que nous pensons juste ? Qu'est-ce qui nous permet de dire qu'une idée que nous défendons vaut mieux que les autres ? Comment jugeons-nous la qualité de notre pensée ?

Une première réponse consiste, chez de plus en plus de contemporains, à dire que finalement il n'y a pas de vérité, que chaque idée contient une part de vérité et une part d'erreur, que tout est relatif, et bla bla bla, bref, à noyer le poisson. C'est très pratique, puisqu'il n'y a plus de vérité ou de fausseté, je peux donc penser tout et n'importe quoi, je n'ai plus à me justifier et personne ne peut plus m'emmerder avec des questions du genre "comment savons-nous que nous pensons juste ?"

Comme vous êtes arrivés jusque là dans la lecture de cet article, j'imagine que vous n'êtes sans doute pas de ceux-là, de ces lâches qui ont démissionné et se contentent de penser ce qui leur passe par la tête, au gré des évènements et de leurs envies.


Un documentaire intéressant sur Arte (un de plus) : "Hyperconnectés : le cerveau en surcharge"

Récemment, une émission intéressante passée sur la chaîne de télévision Arte, intitulée "Hyperconnectés : le cerveau en surcharge", m'a fait apprécier sous un autre angle cette question. Des recherches faites par l'armée montraient comment des pilotes d'avion chevronnés, sollicités de multiples façons simultanément, s'acquittaient de leur mission avec des erreurs, mais avec le sentiment de s'en être bien sorti : ils ne repéraient pas leurs erreurs, ou les minimisaient, baissaient leur niveau d'exigence.

Dans certaines conditions donc, non seulement nos performances se dégradent, mais à l'inverse notre estimation augmente, dans le sens ou nous considérons comme satisfaisant un niveau de performance qu'en condition normale nous jugerions plus médiocre.

Dans la même émission, d'autres recherches montraient que plus les tâches simultanées sollicitent les mêmes ressources mentales, et plus ces tâches interfèrent entre elles, et plus les performances se dégradent. Pour résumer, je peux conduire et discuter en même temps en faisant l'un et l'autre moins bien, mais correctement tout de même. Si par contre je dois passer un coup de fil tout en rédigeant un mail, c'est alors la probabilité que ces deux tâches simultanées liées au langage interfèrent et soit réalisées avec une qualité moindre et davantage d'erreurs.

Aujourd'hui, les individus sont de plus en plus hyperconnectés, réalisant de nombreuses tâches à la fois, et en particulier des tâches verbales : parler avec quelqu'un de façon directe, parler avec quelqu'un au téléphone, écrire un mail, lire sur un ruban de signalisation ou un prompteur... Aujourd'hui, les télévisions vont jusqu'à diffuser simultanément 5 informations différentes, une en titre principal, une autre en son, une autre en image, et jusque 2 autres dans des bandeau défilant, en général en bas d'écran !

- Flash d'information - Cas concret d'interférences

Ce mardi 20 septembre 2016, deux filles de 15 ans, smartphone devant les yeux et baladeur sur les oreilles, ont traversé une rue à Rambouillet. Au rouge pour les piétons. Sans regarder. Le bus scolaire passait. Ecrasées, mortes, l'une sur le coup, l'autre non. C'est un choix de civilisation. Evidemment, dans la presse, vous ne trouverez pas cela. Dans la presse, on pointera du doigt à demi-mot le chauffeur du bus, qui n'y est vraiment pour rien, ou tout autre explication qui n'explique rien. N'importe quelle cause, pourvu qu'on ne remette pas en question les jeunes, leurs comportements, leurs habitudes, leurs addictions, et moins encore qu'on questionne la société qui leur impose de façon particulièrement sournoise ces outils de connexion médiatique et donc de déconnexion du réel.

La capacité de notre société à ne pas se regarder en face est remarquable.

- Fin du flash d'information -



Et si on applique ces expériences et leurs conclusions à... la pensée

Si on tire les leçons de ces études fort sérieuses, les individus hyperconnectés ont donc toutes les chances, comme nos meilleurs pilotes d'avion, de voir leurs performances baisser et leur indulgence s'accroître. Si on extrapole des domaines étudiés par les scientifiques (pilotage d'avion, mémorisation, comptage...) à celui de la pensée, du raisonnement, alors pour simplifier à l'extrême, nos hyperconnectés auraient plus de chance que les autres d'être à la fois très cons et très contents d'eux, car si la qualité de leur pensée baisse, si les erreurs de raisonnement se multiplient, leur état mental de sollicitation, de stress, de surcharge, ne leur permet plus de faire la différence entre une idée claire et une idée approximative, entre une argumentation correcte et une argumentation boiteuse.

Notre regretté Coluche rajoutait ainsi en citant Descartes : "L'intelligence, c'est la chose la mieux répartie chez les hommes parce que, quoiqu'il en soit pourvu, il a toujours l'impression d'en avoir assez, vu que c'est avec ça qu'il juge."

De mon temps, car je suis un vieux con, je constatais que si tout le monde croyait dans les vertus de l'argumentation, peu étaient ceux capables de bien argumenter, de distinguer une démonstration solide d'une argutie douteuse. Même en interrogeant mon propre cheminement de pensée, je réalisais combien il était difficile (et parfois désagréable) de débusquer les imprécisions dans mes concepts et les erreurs dans mon raisonnement. Et pourtant, je vivais à une époque bien plus sereine qu'aujourd'hui, avec des médias et de façon générale un environnement bien moins pressants et oppressants qu'aujourd'hui, qui laissaient à ma pensée le temps de se formuler, de décanter, de se construire, de s'évaluer.

Aujourd'hui, les gens vivent dans l'instantané, le fugace, le simultané, il fuient le vide, le silence, l'inactivité, ignorent l'introspection, la méditation. Le recul n'est pas possible ou très difficile, aucun temps n'est laissé pour filtrer, analyser, synthétiser, réfléchir, mettre en ordre, associer, assimiler, rejeter... Le monde actuel non seulement détermine l'essentiel de ce qui va entrer dans notre cerveau, mais il empêche autant qu'il est possible notre cerveau de faire le travail nécessaire au bon traitement des informations, à la réflexion nécessaire suite à l'absorption de ces flots informations de plus en plus nombreux, de plus en plus importants, et surtout de plus en plus solliciteurs et simultanés.

Certes, aujourd'hui comme hier, les gens pensent. Mais leur pensée est moins "performante" étant donné les conditions dans lesquelles ils sont immergés presque en permanence, l'interférence de nombreuses activités, le stress auquel ils sont soumis et la fatigue mentale qui en résulte. Ils n'ont l'impression de penser correctement que parce qu'ils ne sont pas dans les conditions correctes pour apprécier la qualité de leur pensée, qu'ils ne repèrent pas les défauts et sont donc moins exigeants. C'est ça qu'il y a de bien avec la pensée : le cerveau produit toujours un résultat, même si c'est n'importe quoi ou la simple reproduction de ce qui est entré.

C'est en tout cas ce que l'on peut déduire logiquement du contenu de cette émission d'Arte, et je dis cela en ne discutant avec personne d'autre dans le même temps et sans penser à mes impôts que je dois régulariser ou à l'autre article que je viens d'écrire, "Etre à la fois con et scientifique ? Les belles promesses des sciences & technologies". J'ai depuis longtemps apprécié sur la qualité de mon travail les effets parfois dévastateurs des dérangements les plus divers, comme ceux les plus bénéfiques d'une concentration assidue, l'esprit serein et débarrassé de toute préoccupation.


Je reformule donc : comment sommes-nous sûrs d'évaluer correctement les qualités de notre pensée ? Wink2

Je sais, ça devient un peu tordu... Point n'est besoin d'y répondre. L'important est de réaliser que nous ne sommes pas, le plus souvent, en mesure d'apprécier correctement les qualités et défauts de notre pensée, et que les conditions dans lesquelles nous vivons rendent de plus en plus difficile et improbable un regard lucide sur nous-mêmes, ce que nous pensons, faisons, produisons. L'important est de réaliser que nous vivons dans un monde qui rend de plus en plus difficile et improbable une véritable élaboration de la pensée, dans un monde qui amène notre cerveau à produire quelque chose qui s'apparente plus à de la reproduction, à de l'amalgame, à de l'affect, à du patchwork, à du zapping, qu'à une pensée construite et stable, faite d'idées claires reliées par des enchaînements logiques, étayée sur une réalité correctement perçue. Cette forme de pensée demande justement ce dont le monde moderne nous prive en nous imposant son environnement, ses technologies, et particulièrement ses médias, internet et ses outils de connexion/communication.

Les technologies dont nous sommes entourées et dont nous choisissons de nous entourer risquent tout simplement de nous faire ressembler de plus en plus à ces individus sur lesquels Descartes ironisait déjà : des individus satisfaits de l'intelligence qu'ils ont juste parce qu'ils ne sont plus en mesure d'apprécier les dégâts.

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  Etre à la fois con et scientifique ? Les belles promesses des sciences & technos
Posté par : Franck_Audeport - 09-25-2016, 06:37 PM - Forum : Les niouzes - Pas de réponse

Je viens de tomber sur cette citation de Stephen Hawking, astrophysicien anglais, connu entre autres pour son travail de vulgarisation scientifique. Je l'en remercie vivement, car cela faisait longtemps que je parlais de la mentalité de nos dirigeants, du cul de sac où leur inconséquence les conduit, et donc de leur foi contrainte dans les progrès éternels et illimités de la science et de la technologie.

Cette citation est parfaite, elle illustre on ne peut mieux cette foi aveugle, irraisonnée et irraisonnable que les défenseurs de notre modèle économique sont obligés d'adopter. Sans cette foi, tout leur système s'effondre, ils se verraient alors forcés de reconnaître qu'ils nous mènent, non pas dans une impasse (car on peut toujours faire demi-tour et en sortir) mais bien droit dans le mur.

Stephen Hawking - Sciences et Avenir nº 729, novembre 2007 :
Si l'humanité veut avoir un avenir à long terme, il faut que son horizon dépasse celui de la planète Terre. Il n'est pas possible que nous continuions à nous regarder le nombril et à miser sur une planète surpeuplée et de plus en plus polluée. Cela va nous prendre du temps et des efforts, mais cela deviendra de plus en plus facile avec les avancées technologiques.



Avec pareil discours, soyons certains que cet astrologue, pardon, cet astrophysicien recevra de la classe politique et de nombreuses industries de pointe une grande attention, et donc un accueil enthousiaste des médias. En quelques mots, il dit exactement ce que ceux qui nous dirigent attendent, il apporte une caution scientifique à un système économique. Alors que bien évidemment, il parle ici comme vous et moi, en dehors de son domaine de compétence, sur un sujet qui le dépasse complètement et où sa compétence scientifique est nulle et non avenue. Mon boucher en est arrivé d'ailleurs aux mêmes conclusions, preuve que les connaissances en astrophysique ne sont pas les plus indispensables.

Soyons clairs.

Où nous acceptons comme un fait acquis la croissance sans limite de l'humanité et donc de son économie, ou pour être exact, on ne remet pas en question cette croissance et on n'en parle même pas, et oui, on est alors obligé de de demander ce qui va se passer lorsque nous aurons atteint puis dépassé les limites de ce que la terre autorise.

Où nous regardons la réalité en face, et nous savons alors très bien trois choses :

  1. Stabilisation et même décroissance sont parfaitement possibles ! La croissance de l'humanité n'a pas toujours été, il a été une longue période où la population humaine était relativement stable (OK, ça commence à dater), comme celle de n'importe quelle espèce vivante, et donc que bien évidemment, cette croissance peut fort bien se ralentir, et la population de stabiliser, voire décroître, et pour cela il n'est qu'à s'éloigner des astres pour revenir sur terre, là où les biologistes et les paléontologues nous montrent pour toutes les espèces vivantes ou ayant vécu, les fluctuations de population, les phénomènes de croissance et de décroissance ; la croissance sans fin de l'humanité n'est donc absolument pas un scénario que nous devons accepter, surtout pas quelque chose d'inévitable, et même pas forcément quelque chose de souhaitable ; nous pouvons donc imaginer de tout autres scénarios, de la stabilisation de la population humaine jusque pourquoi pas la décroissance, au risque de déplaire aux religions (particulièrement aux monothéismes) qui nous invitent à "croître et multiplier" ; ce premier point est donc à la fois une question de connaissance scientifique, de logique et d'imagination, et nos théoriciens de la décroissance ont suffisamment de ces 3 qualités pour envisager des scénarios parfaitement réalistes, réalisables, et même souhaitables

  2. Le scénario de la croissance sans fin est tout simplement intenable ! C'est là juste une question de logique, compréhensible par un enfant de 10 ans : lorsque nous aurons épuisé les ressources de la terre, puis des planètes proches, puis des galaxies proches, puis des galaxies lointaines, et pour finir de l'univers, que ferons-nous ? Nous serons alors encore et toujours dans la même situation, celle d'une logique de croissance incompatible avec la finitude de notre univers. Et moi que ne crois pas en ces voyages intergalactiques et lit tous les scientifiques et ingénieurs un peu expérimentés en parler comme d'une utopie, je vous le dis tout net. Nous n'aurons pas à attendre d'avoir colonisé, exploité puis détruit tout l'univers avant de faire face à cette question cruciale : sommes-nous prêts, face à la réalité qui ne cesse de nous montrer sa finitude et même sa fragilité, à cesser d'agir comme des enfants gâtés en quête de toujours plus de biens et d'espace, à cesser d'agir comme une espèce animale irresponsable, incapable de réaliser qu'elle a détruit tous les équilibres nécessaires à sa propre survie, de reconnaître que sa croissance maintenant aberrante est l'un des principaux obstacles non seulement à sa survie, mais à celle de l'ensemble de l'écosystème terrestre ?

  3. Enfin, il est un argument encore plus parlant : les arguments de nos experts scientifiques ou technologiques sont au mieux de la science-fiction, au pire du marketing pour attirer les investissements ! Aucun des arguments de ces soit-disant scientifiques (je dis bien soit-disant, puisqu'ils s'expriment en utilisant leur aura de respectabilité scientifique alors qu'ils parlent justement de ce qu'ils ne connaissent pas plus que vous ou moi), aucun des arguments des ingénieurs et techniciens de ces nouveaux domaines qui nous sont présentés comme pleins de promesses et amener à sauver l'humanité lorsqu'elle sera en difficulté (nanotechnologies, maîtrise du vivant, énergie infinie gratuite, et ne parlons pas des voyages intra- ou intergalactiques qui ont dans l'aile le plomb que leurs promoteurs n'ont pas dans la tête), aucun de ces spécialistes n'est capable de nous prouver qu'une seule découverte se fera bien et aura les résultats escomptés. Autrement dit, ils nous demandent de sacrifier le monde actuel en continuant à l'exploiter à outrance alors qu'aucune des solutions miracles qu'ils nous font entrevoir n'est à un autre état que celui de projet à long terme incertain, d'hypothèse hasardeuse, voire de pure spéculation. Il est déjà bien cher de faire traverser la moitié du pays à mon eau minérale, je ne vous dit pas lorsqu'il faudra la faire venir d'une autre planète... En admettant qu'elle arrive avant que je ne meure de soif, je crains pour la facture ! Attention à ce que je dis ou pas. Je ne dis pas que les recherches en nanotechnologies, énergie, génétique, etc. n'aboutissent à rien d'utilisable, au contraire, de nombreuses applications intéressantes en ressortent. Mais pas celles que l'on fait miroiter en prétendant que nous n'avons rien à craindre, que demain sera mieux qu'aujourd'hui, et que les sciences et technologies auront toujours une réponse aux divers problèmes de l'humanité. Il y a un large fossé entre la confiance raisonnée dans les nouvelles sciences et technologies et la foi scientiste qui n'est finalement qu'une religion de plus.


Des scientifiques qui, eux, restent sur leur terrain et...
en arrivent aux mêmes conclusions que moi ! Wink2

Nous avons un jardin, la Terre. Au lieu de cultiver ce jardin, de l'entretenir, de le respecter pour qu'il puisse durer aussi longtemps que possible, nous sommes prêts à le piller et à le rendre totalement stérile pour ensuite aller faire de même avec le jardin du voisin, puis d'autres encore, toujours aussi incapables de respecter la vie, l'environnement, l'équilibre naturel, dans une attitude perpétuelle de conquête et d'exploitation. Qui plus est, si d'autres planètes contiennent des ressources exploitables ou même sont habitables, elles seront sûrement déjà exploitées ou habitées par d'autres espèces. Nous allons alors recommencer avec les guerres, les conquêtes, la colonisation, l'exploitation des peuples ? Après le far west, le far space ? Il est peut-être temps d'arrêter de jouer aux cow boys, de devenir adultes, d'interroger notre mentalité, nos motivations, nos actions, de changer notre état d'esprit pour faire face ici et maintenant à nos responsabilités et aux conséquences, bien réelles celles-là et pas du tout spéculatives, de nos actions.

Ce sera très difficile, puisque les religions qui prônent le plus l'expansion et l'envahissement de la planète sont justement celles qui se sont répandues et ont envahi la planète, autrement dit, dire que la population humaine doit urgemment s'arrêter de croître et même décroître si l'on souhaite pour chaque être humain une vie décente, cela se heurte non seulement aux intérêts de la finance et des multinationales, mais les croyances d'une bonne partie de l'humanité.


Certains mal-pensants insinuent que nous sommes trop nombreux.
C'est bien évidemment faux !

Ce sera très difficile, car dans nos pays qui consomment et produisent le plus, nous avons tellement pris l'habitude de cette croissance que nous ne sommes même plus capables d'imaginer qu'un autre monde est possible, qu'un autre système économique est possible. Nous sommes même tellement intimidés par tous ces discours de politiciens et d'économistes confortés par des "experts scientifiques" que nous ne sommes même plus capables de penser que notre système actuel est voué à l'échec et qu'un système alternatif est non seulement possible, mais la seule solution réelle et durable, viable et enviable. Cette consommation sans cesse croissante est non seulement la clé de voute de notre système financier, elle est surtout dans la mentalité de presque tous les individus, des responsables d'entreprise comme dans celle des consommateurs dressés pour acquérir et consommer toujours plus. Il est sûrement plus difficile de déverrouiller les mentalités que de déstabiliser un système économique qui de toute façon va se déstabiliser tout seul, comme nous le montrent les crises financières récentes, et surtout celle qui va nous tomber dessus d'un moment à l'autre et ravalera la crise de 1929 à un simple éternuement économique. Déstabiliser l'équilibre psychologique et les croyances des gens qui adhérent à ce système est bien moins aisé, c'est comme dire à quelqu'un qui croit dans le paradis parce que cela lui permet d'accepter les deuils qu'il a traversés que le paradis n'existe pas, que c'est une foi que les individus se donnent pour faire face aux émotions pénibles que la réalité provoque. C'est vrai, mais cela ne sert à rien de le dire. Cela ne peut que faire s'effondrer la personne dont l'équilibre précaire repose sur cette croyance, et nous transformer à ses yeux en ennemi à éviter.


Quelques conséquences de l'utilisation des sciences et des technologies.
Si notre mentalité n'a pas changé d'un iota, comment pouvons-nous croire
que la façon dont nous utiliserons des sciences et technologies demain
résoudra les problèmes que notre façon de les utiliser à engendrés hier,
des problèmes que nous acceptons aujourd'hui sans nous révolter ?

Nous avons des sciences et des technologies extrêmement développées. A côté de cela, nous n'avons aucune maturité concernant nous-mêmes, notre existence, nos motivations et nos actions, et en particulier notre façon d'utiliser les sciences et les technologies. La vue d'ensemble nous échappe, notre rapport au monde, ce que nous faisons réellement, pourquoi nous le faisons, les conséquences de ce que nous faisons.... Les questions les plus essentielles que l'on se pose lorsqu'on a encore une vie spirituelle sont occultées dans notre monde consumériste. Incapables de nous regarder en face, de nous interroger, de nous comprendre, de nous mettre en question et de changer, nous tentons de nous convaincre que notre modèle de société reposant sur une croissance infinie est le seul possible, et nous nous condamnons à rechercher une réassurance dans les mirages que sciences et technologies s'empressent de faire miroiter, car ces mirages rapportent des milliards en investissement à certaines industries en même temps qu'ils confortent les financiers dans leur direction de la machine économique, et donc les politiques qui aujourd'hui ne sont plus guère que le relai de la finance et des grandes multinationales, chargés d'inscrire dans les lois leurs volontés en faisant passer la pilule à la population.



Le seul modèle économique que nous pensons possible est précisément le seul qui soit impossible. Et pour que notre esprit parvienne à admettre cette énormité, nous recherchons auprès des experts scientifiques ou technologiques non pas des réalités et des faits, mais des hypothèses, des spéculations et finalement des espoirs, plus qu'hypothétiques, franchement infantiles. Nous sommes quelque peu pathétiques, dotés d'à peu près autant de maturité qu'un enfant gavé de séries futuristes, et courrons ainsi à notre perte.

Et nous y courrons à vitesse... croissante, bien sûr !

Avec une excuse tout de même : la connivence entre des financiers et politiciens incultes et des chercheurs cupides, les premiers finançant les seconds et assurant leur médiatisation, les seconds "éclairant" les premiers et les confortant leur marche en avant. On peut voire cela comme l'escroc guidant l'aveugle tout en l'assurant qu'il est dans la bonne voie. Ou comme le despote rétribuant ou exhibant l'expert qui cautionne sa façon de diriger le monde. C'est juste un deal, chacun y gagne... sauf l'humanité bien sûr.



Et pour répondre au titre de l'article... Je ne connais pas personnellement Stephen Hawking. J'imagine que dans son travail d'astrophysicien, il est scientifique, intelligent, et peut nous en apprendre beaucoup. Mais lorsqu'il nous parle de l'avenir de l'humanité et des promesses technologiques, il n'est plus scientifique, et d'une intelligence somme toute ordinaire. Il est comme ces footballeurs que l'on met devant une caméra pour leur demander leur avis sur la politique. Il n'est plus sur son terrain. Il a laissé sa rigueur scientifique et son intelligence au placard du laboratoire, et nous parle comme le ferait... mon boucher que j'évoquais précédemment, et ne souriez pas, mon boucher n'est pas idiot. Il lit. Et de temps en temps, il comprend et retient ce qu'il lit, il peut vous parler longuement des dernières avancées des nanotechnologies ou des champs les plus récents de la recherche médicale.

Regardons les footballeurs s'exprimer sur leur terrain, ce qu'ils peuvent exprimer en dehors a bien moins d'intérêt que de réfléchir par nous-mêmes. Pareils pour les scientifiques, sachons reconnaître quand ils sont sur leur terrain et quand ils jouent "hors jeu"... ou sont en train de rechercher des fonds pour financer leur laboratoire et leurs dernières recherches toutes bien sûr plus prometteuses les unes que les autres.


J'allais oublier... Le bon sens !

Le bon sens est décidément la qualité la plus absente de notre mentalité moderne (je ne suis pas sûr qu'avant, ce fusse bien mieux, mais j'ai dans l'idée que des êtres humains dénués de bon sens ne seraient pas allés très loin sur la terre, face à des forces et des animaux plus puissants qu'eux). En l'occurrence, lorsqu'on est scientifique, donc un peu intelligent, un peu instruit, et que l'on constate que la terre est, je cite, "une planète surpeuplée et de plus en plus polluée", le bon sens n'est-il pas de dire que les problèmes sont bien la surpopulation et la pollution, et que ce sont ces problèmes qui doivent être traités au lieu d'être laissés tels quels en attendant de... fuir dans un ailleurs dont on ne sait ni s'il existe ni si nous aurons les moyens de l'atteindre. N'est-ce pas là où précisément l'intelligence, la science, la technologie, en l'absence du plus élémentaire bon sens, peuvent nous faire entrevoir des solutions très complexes, à la fois fausses (puisqu'elles ne traitent pas le problème et en engendrent d'autres) et impossibles (puisque tout le monde s'accorde sur leur infaisabilité actuelle et tous ceux qui n'ont pas d'intérêt en jeu sur leur vraisemblable infaisabilité future).

Montesquieu, qui mariait fort bien la culture, l'intelligence et le bon sens, disait ainsi :

J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers.


Lorsqu'on écoute ou lit nos politiciens, nos économistes, nos scientifiques et nos experts, on réalise souvent toute la justesse et la profondeur de cette formule.

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