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  Cultures d'antan, cultures actuelles
Posté par : Nimda - Hier, 07:46 PM - Forum : La culture : religions, idéologies, sciences, arts - Pas de réponse

Les nouvelles cultures

Depuis que l'humanité existe, les cultures étaient l'émanation naturelle des peuples humains, elles en étaient l'identité, elles permettaient la communication, la cohésion, la confiance, la solidarité.

Désormais, les cultures sont conçues, planifiées et instaurées par des minorités au pouvoir, ce sont des identités fabriquées, instaurées, proposées habilement aux peuples (pour ne pas dire "imposées", puisque ceux-ci ne perçoivent pas le tour de passe-passe, ne devinent pas les ficelles), ce pour autant que possible les diviser, les empêcher de communiquer, amoindrir la cohésion, la confiance, la solidarité.

Ces nouvelles cultures ont à un degré variable au moins 2 traits distinctifs :

  1. Au lieu de faire comme toutes les cultures précédentes, s'appuyer sur ce qui précède, le comprendre, le maîtriser, l'intégrer, puis bien sûr l'enrichir et l'adapter, ces nouvelles cultures procèdent par rupture, font largement table rase du passé, repartent parfois de presque zéro pour arriver à... pas beaucoup plus ; au mieux, la référence à ce qui précède est une fragile subsistance de la culture que l'on a reçue et que l'on est en train d'oublier, au pire un simple faire-valoir pour tenter de légitimer ce que l'on veut promouvoir ; de toute façon, les politiciens sont intéressés, les médias sont intéressés, les industries culturelles sont intéressées, des sponsors sortent comme par magie de néant pour nous aider à réussir, pourquoi s'encombrer du passé, d'un passé que l'on n'a souvent pas vraiment appris, pas vraiment compris, et pas beaucoup aimé ?

  2. Au lieu de créer des liens, de faciliter la communication, d'accroître la solidarité entre individus et entre groupes, elles accroissent les sentiments d'identité, les stéréotypes, les jugements manichéens (les bons et les méchants, les justes et les injustes, les coupables et les victimes, les oppresseurs et les opprimés), et donc elles rendent difficile les échanges humains, la compréhension mutuelle, compromettent les relations égalitaires (ou les relations tout court), elles font se replier les individus sur un petit groupe d'appartenance, voire sur lui-même dans un monde quasi-autistique. Elles sont le préambule aux conflits sociaux, conjugaux, familiaux, de voisinage, interraciaux ou interreligieux... Mari et femme ne se comprennent pas, d'ailleurs ils ne se parlent pas vraiment. L'adolescent se coupe complètement de ses parents pour être en permanence avec sa "tribu" (réelle ou virtuelle). Le breton (ou si vous préférez, corse, basque, catalan, alsacien) se met à ne plus voir que par "sa" culture et à rêver d'autonomie régionale.

Déconstruire les unités existantes, séparer les peuples, séparer les groupes sociaux (qui parfois n'existent par rien d'autre que par ces prétendues identités), séparer les générations, séparer jusqu'au noyau familial, le couple et la relation parent-enfant. N'avoir plus affaire qu'à des individus isolés, égoïstes autant qu'il est possible de l'être face à des pouvoirs sociaux et économiques implacables. Plus de syndicats, d'associations, de mouvements, même plus de famille, plus la moindre solidarité organisée, plus le moindre ilot de résistance.

Plus de "Nuit Debout" (en admettant que ces manifestations persistantes aient jamais réellement inquiété les pouvoirs), juste des individus à genoux, voire couchés.

Plus de peuples, juste des individus apeurés, résignés, dociles, soumis : le rêve ultra-libéral en passe de devenir réalité.

Ainsi en va-t-il de la culture par tranche d'âge, celle des "enfants", celle des "adolescents", celle des "adultes", celle du 3èma âge..., avec pour chacune ses usages, ses loisirs, ses médias, ses contenus.

Ainsi en va-t-il des cultures régionales, uniquement là pour dissoudre les nations trop gênantes pour le nouvel ordre économique mondial qui vise la main-mise totale sur le monde.

Et ne parlons pas des cultures des "minorités", de ces groupes qui se revendiquent farouchement une identité différente (et au nom de cette différence, des droits et des avantages que n'auront pas ceux qui n'appartiennent pas à ces groupes), les "femmes", les "LGBT" (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels), et autres originalités sociales et religieuses.


Et la culture bretonne ?

Amusant de découvrir ce que les bretons considèrent comme la culture bretonne, l'identité bretonne, est une pure construction du XXème siècle, tant au niveau de la langue que des contes, de la musique, des festivités. Le lien avec le passé n'est là que pour faire croire à l'authentique. Le "breton" tel qu'il est enseigné n'était pas parlé partout en Bretagne, il a fallu choisir entre les multiples dialectes et réapprendre une langue souvent oubliée. Les contes bretons tiennent plus des légendes celtiques que de des histoires véritablement du terroir. La musique bretonne avec son biniou et sa harpe celtique ? Il suffit d'écouter les plus anciens enregistrements faits sur le terrain dans la première moitié du XXème siècle pour découvrir combien les ancêtres appréciaient... le chant, le violon, la clarinette...

Nous vivons dans un monde culturel entièrement fabriqué, refaçonné, avec le sentiment de nos usages sont normaux, naturels, authentiques. Tel des pantins d'une grande mascarade savamment préparée, nous nous empressons d'exécuter les gestes voulus par un petit nombre de marionnettistes qui eux savent où nous devons aller.

J'aime bien les bretons, et si les plus bretonnants d'entre eux m'agacent un peu, la nouvelle culture bretonne n'est sûrement pas la plus dangereuse, elle n'est pas de celles qui rejettent le plus le passé, ni de celles qui isolent le plus les individus, ni de celles qui produisent les pires abominations. Et pourtant...

Par exemple, pour les ultra-libéraux aux commandes de l'Union Européenne, marionnettistes en chef, mais pas les seuls, ces cultures régionales sont une aubaine : elles permettent d'envisager la suppression des grandes nations comme l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie... susceptibles de s'opposer à cette marchandisation généralisée de l'Atlantique Nord au service de l'économie américaine et donc de sa puissance mondiale. Ces grands pays sont gênants, il sera beaucoup plus facile aux organisations supra-nationales de diriger l'Europe une fois ces nations disparues, de commander à ces peuples tant bien que mal unifiés au fil des siècle alors éclatés, réduits à autant de petits groupes sans importance puisque sans pouvoir. Les grandes banques systémiques attendent urgemment les pleins pouvoirs sur les nations européennes (ces pleins pouvoir sont presque acquis, mais si les grands pays quittent l'Europe, c'est foutu !). Les grandes entreprises inter/multi/trans-nationales attendent urgemment de pouvoir écouler librement tous leurs produits quelles qu'en soient les nuisances sur l'écologie ou la santé, sans plus aucun pouvoir capable de s'y opposer. Vive les cultures locales, à bas le diktat des cultures nationales ! Le nouveau découpage de l'Europe est déjà prévu, les nouvelles régions déjà découpées. Exit la France, enterré le risque de Frexit.


Un principe politique vieux comme le monde, appliqué à la culture

Diviser pour mieux régner.

C'est simple et il semble qu'on n'ait rien trouvé de mieux, surtout pour des pouvoirs qui n'ont finalement de force que celle de notre crédulité et de notre soumission. Les nouvelles cultures deviennent les instruments de cette stratégie. Quand on peut façonner les esprits, on n'a plus besoin d'un pouvoir fort, de l'armée ou de la dictature : dans des démocratie bien huilées comme les nôtres, les financements publics ou privés appropriés, une utilisation judicieuse des médias, et évidemment les bons programmes scolaires, se chargeront de forger les esprits, d'inculquer les bonnes bases culturelles. Surtout, occulter que notre société, c'est principalement une petite minorité de plus en plus riche contre une majorité de plus en plus démunie, et montrer que les problèmes sont ceux des régions riches contre des régions pauvres, des travailleurs contre des chômeurs, des fonctionnaires contre des employés du privé, des travailleurs immigrés contre des travailleurs français, des musulmans contre les non-musulmans, des jeunes contre des vieux (c'est martelé systématiquement quand on parle du problème de l'emploi), des femmes tyrannisées par des hommes, des étrangers exploités par des français. Effacer tout ce qui permettrait aux individus de se percevoir comme semblables, solidaires. Mettre l'accent sur cette formidable diversité, sur toutes ces différences, sur ces multiples minorités

Si nos cultures servent désormais à rompre avec nos véritables cultures (locales, ancestrales), à nous faire mépriser notre passé au point de considérer celui-ci comme un repoussoir (c'est très bien de le connaître, ça permet de briller dans les soirées mondaines, mais surtout non, ne pas y vivre !), si nos cultures servent à nous éloigner de tout ce que nos origines devraient nous faire aimer, si nos cultures servent à nous distinguer des autres jusqu'à les mépriser, à rompre les liens sociaux jusqu'au possible conflit, à nous replier sur nous-mêmes et un petit groupe et abandonner toute réelle vie sociale, alors soyons incultes et fiers de l'être.

Qu'on me comprenne bien. Je trouve parfaitement normal et même très sain de mépriser l'intégrisme musulman et même le Coran, qui s'il avait été écrit par Le Pen, aurait valu à celui-ci un emprisonnement immédiat pour incitation au sexisme, à la discrimination religieuse, à la haine et à la violence. Mais ce n'est pas une question de culture, c'est par simple humanisme. Tout comme nous pouvons trouver dans la Thora ou le Nouveau Testament des passages qui ne sont nullement là pour prôner la fraternité universelle et l'amour intime entre homme et femme. Et oui. Depuis 2 millénaires que des dirigeants veulent faire marcher des peuples au pas, les faire obéir aux ordres et attaquer ce qu'on leur désigne comme ennemis, cela fait longtemps que les cultures ont incorporé les germes de la division, de la distinction sociale, du mépris de l'autre et de sa soumission.

Les cultures du passé, notamment monothéistes, ne sont pas exemptes de tares. Mais les cultures factices que l'on nous vend aujourd'hui - je dis bien qu'on nous "vend", car n'oublions pas qu'elles sont aux mains d'entreprises privées très puissantes, d'Universal à Hachette en passant bien sûr par les médias français détenus par exemple par Bouygues, Lagardère, Dassault, Rothschild... et que la plupart d'entre nous sommes juste des consommateurs qui payons pour des "produits culturels", cinéma, télévision, internet, musique, spectacle... - ces cultures factices que l'on nous vend sont porteuses de fin de civilisation : déculturation de masse, décervelage généralisé, aliénation systématique. Elles peuvent conduire aux conflits entre les peuples (nous le constatons maintenant régulièrement en France, entre attentats, conflits de quartier, manifestations). Elles conduisent inévitablement à la soumission aux élites dirigeantes, parce qu'elles détournent notre regard du vrai problème, elles détournent nos accusations des vrais coupables (en tout cas des principaux coupables). Quand conflit et soumission ne vont pas de pair. Ne sommes-nous pas en train dans la société française d'assister à l'accroissement des tensions et des conflits, entre hommes et femmes, jeunes et vieux, chrétiens, juifs et musulmans, fonctionnaires et employés du privé, travailleurs et sans emplois, accroissement dont le premier bénéficiaire est l'élite dirigeante qui a encouragé ces divisions. Le Parti Socialiste n'a pas fait que d'accroître les différences entre riches et pauvres, il a largement participé à la création des ces cultures factices par lesquelles une majorité de jeunes se sentent autorisés à mépriser leurs ainés et tout ce qui les a précédé, une majorité de femmes à mépriser les hommes sous prétexte que ceux-ci avaient commencé, les minorités les plus diverses à mépriser la majorité responsable à leur yeux de tous leur maux. Non, le PS n'a jamais œuvré pour la solidarité, il a juste utilisé intensivement le vocable jusqu'à en faire oublier le sens (pardon si je parle ainsi du PS, j'ai fait partie de ceux qui croyaient en la justice et dans la paix, mais qui ont gardé les yeux ouverts). Il bel et bien a contribué à déconstruire la solidarité, en particulier en s'attaquant à ce qui est pour moi le plus précieux, le noyau familial, les relations dans le couple et entre parents et enfants (encore une fois, je renvoie aux discours édifiants de Vincent Peillon, ancien ministre de l'éducation, sur la façon dont l'école doit soustraire l'enfant à l'influence de ses parents, de son milieu culturel, pour faire de lui le bon citoyen tant attendu par nos dirigeants.


Une "vraie" culture ?

Une vraie culture s'enracine loin et fort dans le passé pour pouvoir en tirer toute la richesse. Une vraie culture est vivante dans le présent, elle ne nous demande pas d'être un consommateur passif, mais un acteur participant. Une vraie culture fait que se tissent des liens profonds entre les individus, elle leur permet de communiquer et de se comprendre, elle les faits se sentir solidaires et confiants, elle leur permet de vivre le présent avec une plénitude et de faire face à l'avenir avec un aplomb que ne peuvent imaginer ceux qui ont justement en ont été dépourvus. Une vraie culture permet de s'ouvrir au monde et aux autres, pas d'aborder autrui avec peur ou hostilité.

Une vraie culture prévoit des moments pour une vraie vie sociale, mais elle prévoit des moments pour discuter, décider et résoudre ensemble les problèmes de société, mais elle laisse aussi des moments, quand elle ne les prévoit pas, où l'individu est seul et peut réfléchir, méditer, avoir ce que nous appelons pompeusement une "vie spirituelle". Ces moments de réflexion collective ou individuelle sont essentiels pour forger des individus complets, consistants, dotés de valeurs morales et de capacité de jugement. Entre certaines sociétés où l'intelligence se déploie souvent de façon discursive et en groupe et d'autres où elle peut s'exercer de façon plus méditative et individuelle, ce point commun reste d'individus qui prennent le temps pour se couper du flot continu des évènements de la vie sociale pour réfléchir, en s'appuyant sur l'expérience et les valeurs du groupe. Ces sociétés ne sont pas des proies faciles pour les changements rapides que des politiciens ou des hommes d'affaire pressés voudraient imposer. Une vraie culture est potentiellement une énorme force de résistance à des changements qui ne sont pas dans l'intérêt de la société (à moins que nous nous permettions de décider à la place de ces primitifs de ce qui est dans leur intérêt ou pas, de ce qu'est le progrès et le bonheur).

Sinon, ce n'est pas une vraie culture, c'est du toc, de la mode, du vernis, un artefact récent qui n'a été créé par nous et encore moins pour nous (en tout cas pour notre bien).

Ou c'est quelque chose comme une culture, mais alors, quelque chose a poussé de travers ou a dégénéré, et bien des choses gagneraient être changées pour le bénéfice de tous, mais c'est un autre débat. 

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  Pourquoi de plus en plus de gens ont raison
Posté par : Nimda - 04-10-2017, 10:56 PM - Forum : Réflexions vraiment très générales - Pas de réponse

Bien des gens ont des idées qui ne tiennent pas la route 30 secondes dans une discussion. Ils le savent, ou plutôt le pressentent, le redoutent. Ils ont fait l'expérience du dialogue, de l'échange, de la différence, et cela ne s'est pas bien passé. C'était désagréable.

Ils rentrent donc dans leur coquille, se referment dans leur bulle. Ils se gardent bien de confronter leurs idées, se protègent autant qu'ils le peuvent de toute discussion sérieuse comme de la confrontation au réel. Si possible, ils ne fréquentent que ceux qui leur ressemblent en espérant qu'autrui leur renvoie leur propre discours, confirme l'image qu'ils ont d'eux-mêmes et du monde.

Ne recherchant dans autrui que leur propre écho et dans le monde des futilités sans conséquences, ne confrontant jamais leur pensée à la différence, ne jetant qu'un regard distrait et superficiel sur le monde, ils sont convaincus que leur pensée est claire et juste. Ils ne comprennent pas les autres, et s'étonnent que les autres ne les comprennent pas.

Avec l'enfermement des jeunes dans l'univers autistique des smartphones et de la communication médiatisée, qui n'est peut-être rien d'autre que la légitime réaction de fuite face à un univers social de plus en plus inhumain, j'ai bien le sentiment que ce mouvement s'accélère. Serons-nous demain dans un monde peuplé d'individus isolés qui ont perdus toute capacité de dialogue, ne cherchant plus ni à échanger (trop compliqué), ni même à réfléchir (ça prend la tête), souhaitant seulement oublier le réel en restant branchés à des machines qui déterminent l'essentiel du contenu de leur esprit et de leur activité mentale ? Ce alors que nous avons urgemment besoin d'une prise de conscience des peuples, donc des jeunes, pour contrecarrer cette course sans cesse plus rapide de notre monde vers la catastrophe prédite et maintenant certaine, climatique, écologique, alimentaire, financière, démographique, et bien sûr sociale.

Personne pour dire qu'il faut faire de suite machine arrière et prendre une autre direction ?

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  De la responsabilité, du monde à la France, de la politique à l'entreprise
Posté par : Nimda - 04-10-2017, 06:51 PM - Forum : Politique, Economie, Finance - Pas de réponse

Nous sommes de plus en plus dirigés par une élite incompétente (ou dirigés par une élite de plus en plus incompétente), qu'il s'agisse de notre élite politique, financière, économique.

Celle-ci pérore fièrement sur la scène publique, mais une fois devant le miroir, lorsque le masque tombe, le portrait est sans appel : une poignée d'individus qui ne sont ni scientifiques, ni ingénieurs, ni philosophes, ni artistes, qui n'ont jamais réussi quoi que ce soit à force de compétence, d'intelligence, de talent ou de valeur morale, qui n'ont jamais apporté la moindre preuve de leur capacité à réaliser quelque chose de concret et de difficile, se retrouve à diriger le monde. Pire, même sur le plan politique, pour ceux qui ont un passé (un passif ?), nous sommes bien en peine de trouver dans leurs actions quelque chose qui ressemble de près ou de loin à une réussite (sauf peut-être ce dont ils ont réussi à s'attribuer la paternité en s'appuyant sur des médias complaisants ou des hagiographes intéressés).

Ils savent parfaitement qu'ils sont incapables de réussir autrement que par pur arrivisme, par l'intrigue, la manigance, le mensonge, la flatterie, la traîtrise, la soumission temporaire au plus fort, l'alliance momentanée avec le plus influent. Ils n'ont d'autre but que leur propre intérêt et d'autre qualité que leur absence de valeurs morales. Le degré zéro de l'humanité. Avec même pas ce degré minimal d'intelligence du lien social que certains monarques avaient, eux qui savaient, s'ils voulaient prospérer beaucoup, qu'il fallait que le peuple prospère un petit peu, qu'on n'était pas un roi puissant si on régnait sur des hordes de pauvres affamés.

Non seulement nos dirigeants savent qu'ils vont dire des conneries. Ce n'est pas grave, peu après, les gens auront oublié et ils pourrons alors dire le contraire. Mais ils savent surtout qu'ils vont en faire et en provoquer. Et que donc dans un monde bien fait, on devrait pouvoir leur demander des comptes, les juger, et les condamner si leur responsabilité est engagée.

Imaginez : vous n'êtes pas pilote d'avion, vous n'avez pas d'expérience du pilotage. Vous sortez peut-être de vos études, ou avez passé quelques années à vous la couler douce dans une planque (apparatchik dans un parti politique est le cas le plus fréquent, mais attaché parlementaire, paraît que c'est bien, et communiquant chez Rothschild, ça cartonne), vous avez éventuellement suivi des cours théoriques sur le pilotage (genre ENA, Ecole Normative d'Aéronautique), et vous voici aux commandes d'un avion très sophistiqué. Pour de vrai. A moins d'être totalement inconscient (genre François Fillon), vous savez pertinemment que vous allez vous planter, ce n'est guère possible autrement.


Ils ont dit que je pourrais devenir n'importe quoi.
Alors je suis devenu pilote.


Ne vous moquez pas, ce n'est pas drôle d'avoir à diriger le monde, un Etat, une entreprise, alors qu'on a aucune compétence pour cela, qu'on a juste eu la chance d'appartenir à une petite mafia (milieu social, groupe d'influence, parti...) où le pouvoir se concentre pour être distribué à ses membres. Un peu de compassion pour nos malheureux dirigeants, je vous prie !


Que feriez-vous à leur place ? Sans doute simplement ce qu'ils font, partout, de la sphère politique au monde du travail en passant par l'économie. Se déresponsabiliser totalement pour faire porter le chapeau à ceux qui sont en-dessous d'eux dans la hiérarchie sociale.


Les grandes banques dites "systémiques", "too big to fail"

Pour les banques, c'est la garantie de pouvoir continuer à faire n'importe quoi en étant couvert par les Etats qui voleront les particuliers et les entreprises pour les renflouer lorsqu'elles auront une fois de plus déconné et seront mal en point.

Vu sous un autre angle, le pouvoir des grandes banques devient tel qu'il permettra peut-être de voir clairement la réalité. En effet, celles-ci ayant maintenant fait voter presque toutes les lois leur assurant la main mise sur les gouvernements, les Etats, les entreprises et les individus, elles pourront bientôt agir en toute impunité sans avoir besoin de dissimuler qu'elles sont à l'origine de toutes les crises économiques de notre monde moderne, sans chercher à masquer ses actions, des spéculations jusque sur les dettes et les faillites au shadow banking en passant par les paradis fiscaux... Exactement comme les dessous de table soit-disant secrets de nos pays dits "civilisés" sont dans les pays dits "sous-développés" des dessus de table connus de tous. Le pouvoir n'a besoin de l'ombre que lorsqu'il peut être menacé.


Les gouvernants - La France à l'honneur

Pour les gouvernants, depuis le sang contaminé (1999, Les ministres du gouvernement "socialiste", Laurent Fabius, et Georgina Dufoix, sont innocentés, et des lampistes condamnés), on sait gérer cela. C'est depuis le modèle standard de responsabilité politique "à la française", dont la France n'a bien sûr pas l'exclusivité, mais qui y est utilisé intensivement. Aux antipodes de la responsabilité telle qu'elle existe dans les pays nordiques, et il n'y a pas si longtemps, chez nos voisins allemands.

"Responsable mais pas coupable" (Georgina Dufoix - TF1, le 4 novembre 1991), voici le jeu sémantique avec lequel nos politiques tentent de nous distraire et de se soustraire à leurs obligations. Juste pour voir, dans votre travail, faites une faute professionnelle qui entraîne la mort de plusieurs personnes alors que vous savez les conséquences : vous pourrez espérer longtemps avant que les juges vous déclarent "responsable mais pas coupable".

Aucun personnage politique français ne s'est insurgé contre cette vision un peu particulière du devoir et de la responsabilité politique. Juste quelques indignations de principe, convenues et sans conviction excessive, des partis de droite contre un gouvernement socialiste. Aucune volonté de responsabiliser les politiques et de les rendre justiciables au même titre que tout individu. On ne sait jamais, si on se retrouve un jour au pouvoir... Tiens justement, puisqu'on en parle :


Christine Lagarde, ancienne ministre de l'économie et actuelle directrice du FMI.
Condamnée pour "négligence" dans l'affaire Bernard Tapie.
Mais dispensée de peine. Rien au casier judiciaire.
Responsable et coupable, mais... circulez, y a rien à voir.
Qui dit mieux ?



Les grandes entreprises 1) Au sommet

Dans les grandes entreprises, c'est à peu près partout cette petite oligarchie mafieuse des présidents et directeurs généraux qui se partagent le pouvoir des grandes entreprises françaises, les uns étant au conseil d'administration des autres et réciproquement, et se mettent mutuellement hors d'état non pas de nuire, hélas, mais d'être poursuivis pour les nuisances qu'ils auront occasionnées. Le contrat qui lie l'entreprise à ces dirigeants est le premier et l'un des plus iniques moyens utilisés, puisque celui-ci prévoit déjà par exemple le parachute doré du dirigeant quels que soient les résultats obtenus. Moi président, je réussis ? Je m'enrichis ! J'échoue ? Pas grave, je m'enrichis tout de même ! Et tout ceci est légalisé, contractualisé, donc inattaquable. Et ce contrat des plus injustes n'est que l'un des multiples moyens par lesquels les dirigeants se mettent à l'abri de tout échec et s'exonèrent de toute responsabilité.

Les arguments par lesquelles ces dirigeants tentent de justifier leurs pouvoirs, leurs avantages, et finalement l'absence totale d'engagement et de responsabilité sont pitoyables. Mais ils n'ont pas besoin d'argument. Ils ont le pouvoir, au point que journalistes comme politiques évitent d'en parler de peur des retombées. Grâce au silence de tous, ils sont intouchables.


Les grandes entreprises 2) Plus près du sol

Dans mon entreprise, à un niveau hiérarchique bien plus proche de la terre, l'encadrement est peu à peu constitué d'individus dont la principale qualité est la subordination à la stratégie de la direction, incapables de penser autrement que tel qu'il leur est demandé (ou capables de se taire et de faire comme si de rien n'était lorsqu'ils ne sont pas d'accord). Cette hiérarchie sait également qu'elle ne maîtrise et ne comprend pas grand-chose à ce qui se passe, tant dans ce qui leur arrive par au-dessus (la logique de la stratégie décidée au sommet) que dans ce qui se fait en-dessous (les actions quotidiennes de ceux qui réalisent le travail). Comment faire pour arriver à l'échec que l'on sait difficilement évitable (dépassement de délais et de coûts, conflits et coûts humains, parfois échec franc et massif du projet) sans être pris en défaut ? Telle est la principale question, la principale peur, jamais avouée, rarement consciente, de l'encadrement intermédiaire.

Les cadres ont trouvé la solution. Pour déresponsabiliser tout le monde à commencer par eux, l'organisation est la clé : procédures, méthodes, techniques, en veux-tu en voilà, et nous voici rassurés. Peu importe que cela marche ou non (on se garde bien de faire des études pour le vérifier, et on a raison car on serait déçu) : c'est psychologique, cela rassure ; c'est un placébo collectif. Sauf qu'en cas de problème, à qui va-t-on demander des comptes ? A l'encadrement qui aura donné des ordres irréalistes, incohérents, voire imbéciles, ou mal pensé les objectifs, mal planifié l'activité, mal organisé le travail ? Nous savons bien que c'est l'employé qui n'aura pas respecté la bonne procédure, mis en œuvre la bonne méthode, utilisé la bonne technique, qui portera le chapeau. On dispose d'une explication toute prête pour que chaque cadre de la hiérarchie puisse faire descendre jusqu'à la base la responsabilité.

Dans l'informatique, certaines de ces méthodes connaissent ainsi un franc succès, ce sont les méthodes "agiles". Ces méthodes permettent ainsi aux directions de faire tout et n'importe quoi, démarrer un projet n'importe quand, sans s'assurer que les conditions sont réunies pour que cela puisse marche, en fixant n'importe quelle échéance commerciale ou marketing. Tout cela selon le bon plaisir de quelques grands stratèges qui du haut de leurs nuages croient que tout est possible et se moquent de la réalité, et en particulier des êtres humains qui devront supporter les conséquences de cette inconséquence. Il suffit de demander aux exécutants d'être un peu agiles, ou encore un peu plus, allez, encore un peu de bonne volonté et d'effort, et tout ira bien. Et en cas de problème, la brebis galeuse pas assez "agile" fera un excellent bouc émissaire. Dans le meilleur des cas, la responsabilité se dissout dans un défaut collectif de méthode : "nous n'avons pas bien utilisé les méthodes agiles".




Le degré zéro absolu impossible en physique ?  Qu'on se rassure : en matière de conscience politique, il est atteint depuis un certain temps !

Jamais nos dirigeants n'ont eu autant de moyens et des moyens aussi puissants à la fois pour penser leurs actions et avoir conscience de leurs conséquences, pour agir sur le monde et influencer le cours des évènements. Jamais ils n'ont été aussi responsables qu'aujourd'hui. Et donc aussi coupables.

Et pourtant ils sont tranquilles : ils sont protégés et semblent intouchables. Si leurs erreurs arrivent en place publique, suscitant une attente d'explication et un espoir de justice bien légitimes, tout est déjà prévu pour occulter leur responsabilité et exhiber l'action de quelque lampiste, immédiatement livré à un tribunal complice pour payer à leur place.


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  La vérité dans les affaires humaines
Posté par : Nimda - 03-26-2017, 10:46 AM - Forum : La culture : religions, idéologies, sciences, arts - Pas de réponse

Dans des sciences telles que la physique, une fois mis de côté les discours religieux qui ont précédemment légiféré, la vérité n'est plus qu'une question d'intelligence, un effort de l'esprit au contact avec le réel, avec pour limite principale celle des techniques disponibles. Cette attitude est d'autant plus naturelle que tout notre monde contemporain repose sur les diverses connaissances de la physique, et rien sur des conceptions religieuses, tant celles-ci se sont avérées... poétiques mais bien peu heuristiques, tant sur l'univers, les astres, la terre, que sur la matière et la vie .

Dans le champ humain, la réalité humaine est là, sous nos yeux, elle ne se cache pas, elle n'est ni invisible ni trop loin, n'est ni trop petite, ni trop grande, ni trop rapide, ni trop lente. Et pourtant une bonne part de celle-ci semble échapper à la plupart d'entre nous, et même ceux qui l'entrevoient ne semblent le faire qu'en partie ou de temps en temps.

Les raisons en sont simples.

Une des premières est que contrairement aux sciences dites "dures" où nous avons plus ou moins admis que nos leçons gagnaient à venir du réel et notre regard à se défaire de ses préjugés, croyances, idéologies ou religions, nous n'avons pas du tout la même attitude vis-à-vis de la réalité humaine. Nous allons au-devant de cette réalité avec nos attentes, nos peurs, nos valeurs, nos convictions, et ne faisons le plus souvent aucun effort pour nous en défaire, aucun travail pour les laisser de côté, les mettre entre parenthèses. Au final, nous ne voyons que ce que nous souhaitons voir, ce qui conforte nos convictions, et nous oublions ou réinterprétons tout ce qui pourrait nous amener à penser autrement.

Une autre tient à ce que nous avons scindé notre regard et nos concepts sur le monde qui nous entoure, éclaté les disciplines traitant de l'humain, soit-disant sous prétexte de science ou d'intelligibilité, le résultat étant que nous n'avons ni réelle science, ni réelle intelligibilité. Le malaise dans les sciences humaines est réel, et pour y remédier, il ne suffit pas de juxtaposer des discours psychologiques et sociologiques, historiques et ethnologiques, neurologiques et économiques, les pièces du puzzle ne s'assemblent pas. Il ne faut pas de la pluri-disciplinarité, ni même de l'interdisciplinarité (c'est déjà mieux, cela suppose déjà un certain échange), il faut un regard transdisciplinaire, ou simplement "adisciplinaire" (voir indiscipliné pour oser voir ce que les disciplines masquent), un regard global, qui ne commence pas par séparer le corps et l'esprit, l'individu et la société, l'économie et la culture, la diachronie et la synchronie. Sans quoi nous ne comprenons rien, nous nous centrons sur une partie des phénomènes incompréhensible à elle seule, nous n'avons au mieux que des bribes d'explication, mais pas la vision d'ensemble qui seule porte l'explication. S'il est un phénomène humain qui réclame cette vision globale, c'est bien le pouvoir, tant celui-ci est partout présent, des motivations et réflexes les plus animaux de nos comportements les plus quotidiens, à nos structures sociales les plus sophistiquées et mondialisées, les grandes banques et entreprises transnationales, les organisation militaires comme l'OTAN, économiques comme l'OMC, politiques comme l'Union Européenne.

Enfin, un regard ouvert sur l'humanité commencerait par mettre en évidence les motivations et comportements que l'on retrouve chez les animaux sociaux et particulièrement chez les primates supérieurs, en rapport avec la dominance et la soumission, pour les comparer ensuite avec nos motivations et comportements humains quotidiens, puis mettre ceux-ci en rapport avec notre organisation sociale, famille, groupes, institutions, travail, et bien sur avec notre organisation "purement" politique. Ce regard indispose tout le monde, même s'il menace bien sûr plus ceux qui ont le pouvoir que ceux qui n'en ont que peu ou pas. Tout est fait dans les médias comme dans notre système éducatif, pour que les questions relatives au pouvoir ne soient pas posées. Et dans nos formations professionnelles ! Je suis passé il y a quelques mois par une formation professionnelle au "management". Sidérant ! Le mot "pouvoir" n'est jamais prononcé, jamais évoqué, il est totalement occulté alors que l'on est dans l'entreprise, au cœur du dispositif du pouvoir, là où celui-ci est le plus fort et le plus évident.


Un regard ouvert et global sur l'homme démasquerait le mécanisme principal par lequel nos sociétés actuelles sont structurées et maintenues : le pouvoir, dans les comportements de domination mais aussi dans ceux de soumission, ces derniers étant au moins autant responsables que les premiers des problèmes que nos sociétés actuelles connaissent.

Aucun de ceux qui détiennent ou visent le pouvoir n'a intérêt à ce qu'un tel regard soit possible. La toute petite élite financière et industrielle qui domine le monde, qui de plus en plus obtient et conserve son pouvoir en utilisant justement les techniques et connaissances issues des champs de recherche pratiques ou scientifiques, fera en sorte que les sciences n'abordent pas ce sujet, ou seulement dans un sens qui apporte des moyens ou une caution à son action de domination. Elle fera en sorte que le discours sur le pouvoir, dans l'essentiel de la population, reste un discours "politique", une question d'opinion, mais surtout pas un fait analysable, objectivable, sur lequel pourrait s'appuyer une contestation de l'ordre social en place ou la proposition d'un autre ordre social possible. Elle se moque que le peuple parle du pouvoir, du moment qu'il ne le comprend pas et que tout cela reste des "sentiments", des "opinions", ou mieux, que cela prenne la forme d'une jalousie prouvant au fond que le dominé a assimilé les valeurs du dominant. Les mots pouvoir, domination, rapport de force, doivent disparaître du discours public, des médias.

A un certain niveau de compréhension globale, il n'y a rien de complexe dans l'être humain, rien qui nécessite un QI de 180 ou Bac +12 : il n'y a que des réalités gênantes, sur la façon dont une infime minorité concentre le pouvoir, voire sur la façon dont une immense majorité se soumet. Des réalités intelligibles à tous ceux qui ont un peu d'expérience et un peu de bon sens. Des réalités dont nous sourions lorsqu'il s'agit de documentaires animaliers, et que nous nous refusons de voir dans la réalité humaine, tant cela touche en nous à quelque chose d'intime, de quotidien et en même temps d'inconscient, puisque justement totalement animal.

Cette méconnaissance du pouvoir est telle qu'elle empêche même des sociétés alternatives au capitalisme du XXème ou à l'ultralibéralisme de ce début de XXIème de réussir : elles se conçoivent, se bâtissent et se maintiennent par les mêmes mécanismes de pouvoir qu'elles cherchent de la même façon à occulter, qu'il s'agisse des sociétés socialo-communistes, des totalitarismes nationalistes, et hélas nombre de modèles alternatifs, "altermondialistes", qui ne sont toujours pas au clair avec ces mécanismes du pouvoir.

Tous occultent le pouvoir et son enracinement dans les réflexes les plus animaux de l'être humain, tous proposent des organisations sociales censées réussir, allant jusqu'à imaginer des solutions aussi désespérées que le tirage au sort des responsables politiques, en oubliant :
  • que nommer quelqu'un qui n'a ni motivation, ni connaissance, ni compétence, ni expérience, à la tête d'une structure politique n'a rien de très rassurant (ou alors, le système se complique sacrément avec la façon de choisir ces représentants politiques)
  • que quelles que soient les formes d'organisation inventées jusqu'aujourd'hui, des êtres humains suffisamment cupides et amoraux ont toujours trouvé des solutions pour les contourner, les détourner ou carrément les corrompre (je ne connais aucune exception à cette règle, et j'imagine déjà plusieurs façons de contourner un système de représentation par tirage au sort)

Brassens chantait avec sagacité :

Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà

Nous pourrions reprendre ainsi :

S'il suffisait de la "bonne organisation"
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de chang'ments, de restructurations
Au paradis sur terre on y serait déjà

En clair : dans le contexte de nos sociétés modernes, les instincts, les réflexes, les comportements, la mentalité de l'homme aboutissent à des problèmes qui touchent à l'intégrité de la planète, au maintien de la biosphère, à la survie des espèces, et déjà à la vie des êtres humains, et ce n'est pas une solution organisationnelle qui résoudra quoi que ce soit. La solution à un problème humain est humaine, ou nulle et non avenue. Ou pire, porteuse de nouveaux problèmes humains et organisationnels...

Le fait de savoir si ce changement humain est possible ou pas, si on peut espérer un réveil des consciences et un changement des mentalités avant qu'il ne soit trop tard est un autre problème. Nous avons le choix entre des solutions organisationnelles qui ont toutes échouées jusqu'à présent et n'ont rien changé au cours de l'économie, et des solutions humaines qui ont une chance d'éviter le pire. Celles-ci reposent sur l'information, la communication, l'éducation (populaire, mais pas seulement, nos élites ont grand besoin d'éducation, d'une autre éducation), le lien social, la participation des individus à la construction sociale.

Il est temps d'inverser la dialectique marxiste qui voit dans l'économie l'infrastructure matérielle et dans la politique puis la culture des superstructures spirituelles, de comprendre que ce que Marx pensait comme une infrastructure matérielle qui infléchit l'organisation politique et l'idéologie, est d'un autre point de vue une superstructure mise en place au fil des siècles par une certaine humanité, récente et géographiquement localisée. Comprendre que cette superstructure économique, même si elle offre l'illusion de la matérialité, est produite et entretenue par des motivations très primaires et très fortes issue de la véritable matérialité humaine, d'ordre biologique. Et réaliser que des cultures peuvent complètement infléchir la façon dont ces forces primaires impactent l'organisation sociale, économique et politique. Avec la certitude que cela fonctionne, puisque des sociétés avant la nôtre, ou d'autres sociétés que la nôtre, même si nous les avons toutes fait disparaître, ont fonctionné autrement.

Aucun réflexe ne dicte à l'homme son organisation économique et politique : c'est la culture qui fait que ces forces débouchent sur tel ou tel comportement, et donc sur telle ou telle organisation. La culture est là à chaque moment de l'action humaine. L'économie ultralibérale actuelle ne fait que refléter notre mentalité, et c'est seulement un changement de cette mentalité qui débouchera sur des changements profonds et durables, permettra à l'humanité de faire autre chose que survivre. Autrement, tout changement obtenu par la force, ou par la loi, ce qui revient à peu près au même, sera automatiquement voué à l'échec, avorté, stérilisé ou perverti dès sa mise en œuvre ou même avant par ceux qui ont le pouvoir et le capital, quand ce n'est pas déjà par ceux qui visent le pouvoir et se rêvent vizir à la place du vizir.

C'est bien là l'un des problèmes majeurs de la gauche : derrière les idéaux apparemment louables, les motivations de nombreux individus transforment rapidement toute initiative collective sincère en une simple alliance de quêtes individuelles de pouvoir. Ce n'est pas un personnage comme Daniel Cohn-Bendit qui apportera un argument contraire, lui qui est l'une des incarnations les plus évidentes de cette trahison, ou les leaders du Parti Socialiste, appareil politique actuellement entièrement voué à la satisfaction des appétits de pouvoir de ceux qui en ont pris les rênes.

Notre société toute entière, la bien-pensance des partis dits "de gauche", nos partis dits "extrémistes", et même la plupart de nos mouvements alternatifs, semblent incapables de penser une logique sociale basée sur autre chose que des principes d'organisation, des procédures, des méthodes, des lois, des règlements. Ils semblent tous être aveugles au fait que, si science sans conscience n'est que ruine de l'âme, une loi sans l'esprit est vaine, une méthode sans intelligence inefficace, une organisation sans humanisme vouée à la perversion. La morale n'est pas un luxe, ce n'est pas un "bonus" qui facilite la mise en place d'une société meilleure : c'est la condition-même de cette société.



On ne bâtit pas une société idéale avec une organisation soit-disant idéale et une mentalité douteuse dirigée par l'égo des individus.

Mais on peut bâtir une société viable et même enviable avec des modes d'organisation très différents et une mentalité plus consciente de l'autre.

La "bonne société" n'existe pas, c'est une illusion à laquelle nous feignons de croire pour ne pas trop avoir à nous interroger nous-mêmes.


Nous sommes dans nos sociétés totalement immatures concernant cette question du pouvoir, incapables de le voir clairement à l’œuvre partout dans la société... et incapables de le repérer en nous-mêmes, dans nos actions sociales, sous forme de rapport de domination ou de comportements de soumission. Et il y a gros à parier que la survie de l'espèce humaine dépende directement de cette capacité de l'être humain à évoluer psychologiquement, moralement, culturellement, socialement, bref : à se comporter enfin comme un être humain qui a pris la mesure de lui-même, et non comme un primate qui jouit de son pouvoir sur le monde et sur ses congénères.

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  Pourquoi le bizutage n'est pas près de disparaître
Posté par : Nimda - 03-19-2017, 11:57 AM - Forum : La culture : religions, idéologies, sciences, arts - Pas de réponse

Pourquoi le bizutage n'est-il pas près de disparaître ?


Tout simplement parce qu'il est l'un des instruments, l'un des symboles les plus forts du système moral qui domine le monde, de la mentalité de la toute petite minorité qui, à la tête des plus grandes société financières, des plus grandes multinationales, des plus grands états, tente de contrôler le monde et de le façonner à sa guise et selon ses intérêts. Pour en mesurer l'ampleur, il faut savoir que presque 60% des étudiants américains en sont passés par là, et que déjà dans les écoles, des enfants de 12 ans se regroupent pour jouer aux chefaillons et imposent ces rituels aux autres enfants. En France, ous n'en sommes pas ENCORE là, mais nous progressons bien !

Lorsque la banque Goldman-Sachs choisit ses dirigeants, elle ne veut surtout pas que ceux-ci soient désintéressés, altruistes, indépendants en pensée et en action. Elle veut que ces dirigeants soient incroyablement cupides, égoïstes, qu'ils n'aient sur le monde qu'un regard permettant de maximiser ses profits, qu'ils n'aient pour morale que ce qui leur permet d'agir librement dans la poursuite de ces intérêts, c'est-à-dire aucune morale. Par dessus tout, elle veut des gens serviles qui ont fait allégeance au système et vont consacrer tous leurs efforts à le défendre, même si les actions pour ce faire vont à l'encontre de tous les principes moraux de l'humanité.

C'est exactement ce que réalise le bizutage : dans les universités ou les écoles dites "grandes", des communautés d'étudiants ont été constituées, exactement sur le modèles des sociétés que l'on retrouve ensuite dans le monde professionnel, économique, politique. Des groupes d'influence et d'entraide dont le but principal est le triomphe des intérêts de ses membres, ceux-ci étant bien sûr issus de cette petite élite qui domine le monde (à moins qu'ils ne soient d'origine plus modeste mais aient comme but d'accéder à cette sphère sociale qui ne leur est pas réservée). Ces communautés d'étudiants sont le simple préambule aux réseaux plus ou moins opaques des "associations d'anciens", aux sociétés franc-maçonniques, aux cercles d'influence divers et variés, et n'oublions pas les partis politiques et même les syndicats de certains pays, à toutes ces structures de pouvoir plus ou moins locales ou globales, mais essentielles à la préservation de notre monde actuel, à la défense des intérêts d'une infime minorité au détriment de la quasi-totalité de l'humanité.

Profitant de la faiblesse mentale et morale des jeunes, de leur envie d'être acceptés, d'être valorisés, d'être rassurés en faisant partie d'un groupe solidaire, les anciens vont demander aux nouveaux, par des actions marquantes socialement et surtout psychologiquement, de se soumettre à des rituels leur imposant de renoncer à leur estime de soi, à leur valeurs morales, d'aller à l'encontre de leurs émotions les plus naturelles, au mépris de leur souffrance psychologique, voire physique, jusqu'à faire un trait sur tout ce qui dans leur éducation antérieure, peut faire obstacle à cette appartenance nouvelle.

Les enfants embrigadés par les Khmers Rouges au Cambodge, les enfants soldats en Afrique, tous ces enrôlements de l'enfance reposent sur les mêmes mécanismes psychologiques. Amenez un enfant à faire quelque chose qui est contre ses émotions, contre ses affects, contre sa morale, si possible sans violence et simplement par pression psychologique et sociale, et vous obtenez un parfait petit soldat prêt à faire n'importe quoi au nom de cette cause à laquelle il a vendu son âme sans même s'en rendre compte.

Les jeunes qui ont passé et réussi le bizutage sont bons pour faire partie de l'élite, on est alors certain que leur volonté appartenance à cette élite, que leur désir d'ascension sociale, dépassent leurs valeurs morales et leur convictions personnelles. Le jour où ils devront choisir, ils défendrons le système qu'ils servent et qui les sert, ils opterons toujours pour les intérêts particuliers de leur castes plutôt que pour l'intérêt du plus grand nombre, pour l'enrichissement matériel immédiat plutôt que pour l'épanouissement humain à terme, pour le profit plutôt que pour la morale.

Voilà pourquoi il n'y a aucune volonté réelle, au-delà des déclarations d'intention uniquement pour aller dans le sens d'un électorat potentiel choqué par de telles pratiques, de lutter contre le bizutage : lutter sérieusement contre le bizutage serait simplement lutter contre la logique profonde de ces groupes, associations, corporations, "fraternités", représentant l'élite sociale et constitués justement pour permettre sa reproduction précoce dès les premières années d'étude et alors que les esprits sont encore malléables et les convictions morales fragiles, quand même elles existent. Demander à nos élites de voter des lois, puis des décrets, puis de les faire appliquer, alors que ces lois iraient à l'encontre du système qui permet à ces élites de se reproduire, de se former, de se coopter, de se sélectionner, c'est bien évidemment sans espoir. Tout au plus peut-on obtenir des mesures afin que... cela se voit moins, reste masqué. Ou bien des textes sans aucun impact étant donné l'impossibilité de les appliquer ou l'ambigüité des termes dans lesquels ils sont formulés qui les rend inapplicables. Des lois qui permettent à des politiciens complices de dire à l'électorat choqué : "vous voyez, on a traité le problème".

On ne demande pas à une société mafieuse de lutter contre la mafia. On ne demande pas à une société corrompue de lutter contre la corruption. On ne demande pas à une société qui semble ne plus exister que selon une logique économique basée sur la marchandisation de l'univers et la recherche du profit avant toute autre chose, d'agir pour des valeurs humaines. On n'attend pas des élites d'une société qui ne tient que par l'allégeance inconditionnelle des individus à ce système élitiste qu'elle renonce au moyen sans doute le plus puissant pour asservir ses futurs membres.

Une société pareille, on n'en attend rien. On la change, et le plus vite possible !

Le bizutage a autant de bons jours devant lui que cette forme de société qui le produit et le soutient.




Bizutage caractérisé à la faculté de STAPS. Poitiers 2012.
Silence des coupables. Silence de la faculté. Silence des autorités.
Et donc silence des victimes.

Si on ne peut plus s'amuser...!


Qu'en dit la science ?

Qu'est-ce que la science ? Si on veut bien se débarrasser de toutes les idées reçues sur la science et regarder comment celle-ci à évolué, si on veut bien faire la part entre l'esprit scientifique d'une part, et d'autre par des institutions scientifiques souvent pas à la hauteur de cet esprit, et bien évidemment toutes les entreprises qui financent ces institutions pour produire des données qui leur sont utiles, on peut retenir cette idée : la science se caractérise (et elle se distingue ainsi des croyances, religions, idéologies) par le fait qu'elle est capable d'après ses hypothèses de faire des prédictions nouvelles et non évidentes sur la réalité, et qu'elle a le courage d'aller voir cette réalité de plus près pour voir si elle confirme ses prédictions. Ainsi Albert Einstein eut-il le courage en 1919 de soumettre sa nouvelle théorie au verdict d'une éclipse de soleil : si certaines étoiles normalement cachées par le soleil étaient visibles, c'était que la lumière, énergie sans masse, se comportait comme un objet massif et était déviée en passant à proximité du soleil, tout comme le sont les comètes. Si l'expérience n'avait pas confirmé cette prédiction inattendue, Einstein jetait sa théorie aux oubliettes pour en bâtir une nouvelle.

Le contenu de cet article est scientifique. Peu après l'avoir écrit, je me suis rendu compte qu'il contenait des hypothèses claires et pas évidentes, le fait que le bizutage était aujourd'hui pour l'essentiel un moyen de sélectionner et forger la future élite de nos sociétés de façon à ce que cette jeunesse reprenne vaillamment le flambeau et contribue à maintenir en place notre forme actuelle d'organisation économico-politique. Et qu'il n'y a donc aucun répit à attendre concernant ces actes. Mais en même temps, j'ai perdu de vue depuis longtemps la réalité du bizutage, en fait depuis 1998 et la loi du 17 juin, où plusieurs cas avaient provoqué l'indignation populaire et l'agitation politique, et depuis, je n'ai pas eu plus d'information sur le sujet.

Je me suis donc souvenu qu'à un moment je me voulais scientifique, et me suis demandé ce que les faits avaient à dire sur le sujet. Jugez par vous-mêmes...


1er fait : pas de loi sur le bizutage en dépit des évènements et de l'opinion publique

La loi elle-même, celle du 17 juin 1998, n'est pas une loi contre le bizutage. Cette loi est "relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs". Le bizutage n'est abordé qu'à l'article 14, et est défini ainsi : "le fait d'amener une personne à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif". Ainsi, les politiciens qui nous disaient traiter le problème sur lequel des "faits divers" avaient attiré l'attention ont en fait bien évité le problème.

Ils rattachent le bizutage à la délinquance sexuelle, c'est bien, cela touche le côté affectif des gens, leurs émotions, leurs bons sentiments. Et la seule chose qui semble poser problème à nos politiciens est l'humiliation ou la dégradation. On reste soigneusement sur le terrain psychologique, psychiatrique, sur celui de la perversion et des abus sexuels. Et comme les gens aiment bien qu'on parle de cela, parlons-en sans retenue ! Ici les psychologues sont les bienvenus.

Mais ils évitent soigneusement l'essentiel, le problème social, culturel et surtout : politique. Ne parlons surtout pas de ces groupes, associations, communautés, et de ce qui s'y passe, de leur raison d'être, de qui les tolère, les protège, les encourage, les finance. Ne disons rien sur les jeunes qui dirigent cela, sur leur milieu d'origine, sur leur mentalité. Occultons surtout les effets bien plus profonds, bien plus durables, bien plus généraux, de ces groupes, de leurs actions et notamment de leur rituels, sur les esprits des victimes comme sur celui des bourreaux. Là les sociologues ne sont pas les bienvenus. Merci Ségolène Royal (alors ministre et à l'origine de cette loi), d'avoir montré que sociologie et socialisme ne font vraiment pas bon ménage.


2ème fait : depuis la loi, pratiquement rien n'a changé !

"Après le vote de la loi de 1998, on s’était dit que les actes de bizutage allaient cesser. Force est de constater qu’on avait un peu rêvé." avoue Marie-France Henry, présidente du Comité national contre le bizutage (CNCB), en cette rentrée universitaire 2016.

L'article du Monde consacré au sujet résume ainsi : "Depuis 2010, la justice n’a condamné que 34 personnes pour délit de bizutage. Entre difficulté à prouver le bizutage et pression du groupe sur le bizut, la loi est difficilement applicable" (22 septembre 2016, Le bizutage, un délit peu condamné).


3ème fait : des actes avérés par photos, films, témoignages : classés sans suite

Renseignez-vous par vous-mêmes, je ne vais pas faire tout le boulot. L'information est là, pas cachée, même pas difficile à trouver. Les 34 condamnations pour bizutage depuis 2010, souvent très légères, donnent une idée de la façon dont ce phénomène est pris en compte. Et à côté de ces quelques jugements, nombres d'affaires, reposant pourtant parfois sur des témoignages sérieux, voire des photos ou des vidéos indiscutables, restent sans suite. On enterre l'affaire, on fait traîner, on attend que cela se tasse en demandant aux responsables de se calmer un peu, de ne pas recommencer tout de suite, ou d'être plus discrets. Non, le bizutage ne dérange pas. La plupart de ceux qui jouent un rôle important dans notre société, et donc dans le traitement de ces affaires, y sont passés, et il est possible que nombre d'entre eux considèrent le bizutage comme un moment important et irremplaçable pour forger le caractère. L'affaire de Poitiers évoquée plus haut avec la photo en est un bon exemple.

Voici ce que rapporte le Monde (28 octobre 2015) : Bizutage : Certains chefs d’établissement ferment les yeux.


4ème fait : plus l'école prépare au pouvoir, plus le bizutage est "hard"

Il est un fait indiscutable, c'est dans les facultés qui forment ceux destinés à occuper les postes de pouvoir, et évidemment dans les grandes écoles, que le bizutage est le plus împortant : droit, médecine, architecture.

Je laisse place au témoignage d'un bizuté qui n'a pas apprécié la plaisanterie et exprime fort bien les choses : "Enfin, et c'est le principal... Les écoles où l'on bizute forment le plus souvent l'élite de la nation, les futurs cadres, les futurs dirigeants. Comment attendre d'eux qu'ils éprouvent de l'empathie, de l'humanité, s'ils ont été formatés dans un système fondé sur l’humiliation subie, puis dispensée et que l'on répète à satiété que c'est une condition à l'intégration ? De la même manière que les parents maltraitants étaient souvent des enfants maltraités, le harcelé deviendra plus tard un harceleur." (Nouvel Observateur - Benjamin Borghésio : On a essayé de me bizuter, je ne l'ai jamais oublié (07-11-2011)).


5ème fait :  chassez le réel, il revient au galop !

Le sociologue et spécialiste du bizutage Marc Audebert commente : "Il faut imaginer la pression collective qui pèse sur le dos des victimes.... Parler, c’est toujours aujourd’hui risquer d’être exclu de la promotion, des prochaines activités, du réseau professionnel des anciens." Dans le cadre du bizutage, "la responsabilité individuelle tend à se dissoudre dans la responsabilité collective", selon Marc Audebert, ce qui explique la difficulté à définir qui est coupable et qui ne l’est pas.

Le même article du Monde conclut ainsi : "La victime se retrouve alors prise dans un « paradoxe normatif », tiraillée entre la loi du groupe et celle de la République. Au-delà de l’aspect juridique et judiciaire du bizutage, il faut donc aussi, et avant tout, « déconstruire ses logiques de justification » – selon lesquelles le bizutage est le seul moyen de « faire » le groupe..."

Pression collective, exclusion, promotion, réseau, dissolution de la responsabilité individuelle, paradoxe normatif, logiques de justification, loi du groupe incompatible avec celle de la république... est-on bien en train de parler de la formation de nos futures élites, ou bien de la préparation des élus à l'appartenance à un réseau mafieux ?

Ce ne sont là que des bribes de réalité, non reliées entre elles et surtout isolées du contexte social, mais c'est déjà suffisamment révélateur : et ce n'est pas notre tout jeune sociologue bien dans le rang et notre journaliste au Monde que l'on peut suspecter de critique excessive, de pensée déviante, d'extrémisme.



A un moment donné de notre histoire et dans certaines écoles, le bizutage a pu être du même ordre que les rites initiatiques que l'on retrouve dans de nombreuses sociétés traditionnelles, et avoir une certaine valeur humaine, morale, sociale. Aujourd'hui, il est devenu au mieux une perversion de groupe, au pire un moyen de sélection, d'aliénation et de reproduction d'une élite de la pire espèce : celle qui n'est ni digne ni capable de diriger quoi que ce soit, mais qui dispose du pouvoir et de l'argent pour le faire oublier.

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  Peut-on résoudre le problème du chômage ?
Posté par : Nimda - 02-15-2017, 07:07 PM - Forum : Politique, Economie, Finance - Pas de réponse

Au travail, pendant que nous buvions notre café après le repas, un de mes collègues, dépité par l'accumulation de mauvaises nouvelles en cette période il est vrai un peu troublée, me demande :

"Est-ce que tu penses que l'on peut résorber le chômage ?"

Et moi, dare-dare, je prends la question telle quelle, j'y réfléchis un instant et bien sûr fonce droit devant, en m'appuyant entre autres sur les économistes "non alignés", alternatifs, "atterrés", en évoquant les communautés ou systèmes d'échanges alternatifs existants, ou encore les sociétés qui nous ont précédés, des sociétés traditionnelles aux sociétés pré-industrielles pour les opposer à notre monde néolibéral dirigé maintenant par la finance internationale...

Bien sûr que l'on peut répondre ainsi à la question. Mais était-ce bien là la vraie question ? N'était-ce pas plutôt :

"Pourrait-on, on conservant le monde tel qu'il est et sans que j'ai à faire le moindre effort et à remettre en question mes habitudes et mon confort, juste résorber le chômage ? J'en ai marre de ces mauvaises nouvelles, je voudrais pouvoir de nouveau dormir tranquille."

Et là, fin du débat. C'est non. Ou alors tu te trouves une baguette magique ou une boulette d'opium.

Si nous laissons le monde tel qu'il est, avec au pouvoir un petit millième de la population détenant l'essentiel des pouvoirs, la quasi-totalité des avoirs financiers mondiaux et s'empressant de mettre la main sur toutes les terres arables, toutes les mines, gisements, nappes, bref toutes les ressources de la planète, non le chômage n'a aucune raison de baisser. Sauf bien sûr là où il peut être avantageusement remplacé par un esclavage généralisé. Wink2


Vous avez tous remarqué que le dessinateur s'est planté avec sa rotation de 180°,
j'espère que cela ne vous a pas empêché de sourire.

Et si nous espérons que cette élite toujours plus puissante et toujours plus riche découvre d'un coup l'humanisme, l'altruisme, la compassion, c'est que nous sommes à la fois bien ignorants de la situation et de la mentalité de cette élite, et bien inexpérimentés, dépourvu de connaissances historiques comme de compréhension sociologique ou psychologique. Et un peu nigauds quand même, car ces individus dégoulinent de façon de plus en plus évidente de mépris. Dans l'histoire du monde occidental, nous constatons que les membres de l'élite qui ont été capables d'un regard sur le monde et d'une action politique désintéressés ne sont que des personnages d'exception disparus (ou assassinés) sans avoir le temps d'influencer profondément les mentalités et moins encore le cours de l'histoire.

Si nous espérons qu'un seul élément du système puisse s'améliorer alors que le système ne change pas, c'est que les principaux liens nous échappent, la logique économique, politique, sociale, tout ce qui fait que ce système est parfaitement cohérent. Le système actuel a été pensé, planifié, mis en place au cours du dernier siècle, et il fonctionne très bien... Tout dépend pour qui !

Il faut prendre conscience que tout ce que nous prenons aujourd'hui pour du progrès et du bien-être, l'essor économique du XXème siècle, n'est dû qu'à l'abondance des ressources et en particulier à la découverte du pétrole. Prendre conscience que cette période d'abondance est terminée, nous sommes depuis plusieurs dizaines d'années dans la phase de pénurie croissante, notre machine économique est maintenant en manque de presque tout, pétrole, métaux, matières premières. Pendant cette période d'essor, la finance pouvait s'enrichir sur le dos d'une économie productiviste sans que cela se remarque, il fallait produire, consommer, et donc travailler et avoir assez d'argent pour acheter tout ce qu'il fallait vendre et entretenir ce système consumériste dément. Aujourd'hui, avec cet ultralibéralisme de pénurie, le seul moyen pour la finance de continuer à s'enrichir est de spéculer sur les valeurs, elle n'a appris à s'appuyer de moins en moins sur la production d'un système industriel fatigué : à force d'optimisation industrielle (l'organisation "scientifique" du travail), puis de rationalisation financière, après avoir pressé le citron jusqu'à la dernière goutte, le seul gain qui semble encore possible est... de se débarrasser au maximum de la main d’œuvre qui coûte cher. C'est d'une logique imparable. Il n' y a plus de jus dans le citron ? Extrayons la chair ! Quand il n'y aura plus rien à extraire, on vendra les morceaux qui restent, les derniers actifs, locaux, équipements, matériels...

L'essentiel de l'humanité doit maintenant supporter la raréfaction des ressources et surtout (car la raréfaction des ressources à elle seule aurait une solution et même plusieurs) le pouvoir d'une petite caste. Un pouvoir aujourd'hui immense, plus grand que celui jamais conquis par un groupe au cours de l'histoire de l'humanité. Ce pouvoir lui permet de dicter sa volonté aux gouvernants, aux entreprises et donc aux peuples. Elle est riche, elle est puissante, elle est protégée autant qu'on peut l'être des ennuis judiciaires, financiers et du peuple mécontent, elle est portée par les médias et enviée par l'essentiel de la population, elle pense avoir assuré ses arrières. Cette caste n'a donc, dans sa situation, sa logique, sa vision du monde, aucune raison de changer quoi que ce soit. Elle dirige notre monde comme le gourou d'une secte, mu par son désir de pouvoir, illuminé par son idéologie et aveugle à tous les signaux que le réel ne manque pourtant pas de lui envoyer.

Albert Einstein, à la Fédération des Scientifiques Américains (1946) :Notre monde est menacé par une crise dont l'ampleur semble échapper à ceux qui ont le pouvoir de prendre de grandes décisions pour le bien ou pour le mal. La puissance déchaînée de l'homme a tout changé, sauf nos modes de pensée, et nous glissons vers une catastrophe sans précédent. Une nouvelle façon de penser est essentielle si l'humanité veut vivre.

[ Einstein parlait bien sûr de la bombe atomique et de la guerre, et non du chômage. Donc d'un problème incomparablement plus dramatique. Et sur ce sujet, il constatait déjà l'aveuglement des dirigeants et leur incapacité à agir de façon raisonnable. Le résultat est que nous en sommes toujours là aujourd'hui, et si en France on évite d'en trop parler pour ne pas contrarier notre lobby de l'énergie CEA+ENA, le risque de conflit "atomique" est toujours extrêmement élevé. Je dis ça car je connais plusieurs personnes qui face à cette citation, seront tentées de dire "Mais tu vois bien, les élites sont finalement raisonnables, la guerre atomique n'a pas eu lieu et tout ça c'est réglé, terminé". C'est cette extraordinaire capacité d'aveuglement (en France, aucune retombée radioactive de Tchernobyl) ou d'illumination (avec les fous qui dirigent la Corée du Nord), cette capacité à déconner grave qu'est celle de nos élites qu'il faut retenir de cette citation. ]

Quiconque a discuté avec un homme politique ou avec un personnage de pouvoir le sait : ils ont la vérité, ils ne doutent de rien, ils sont immunisés contre toute contradiction, vaccinés contre tout ce qui ose s'élever du réel et les contrarier. Quiconque n'a pas laissé son esprit au vestiaire avant d'allumer la télévision peut en faire l'expérience affligeante avec chaque débat politique.

Non gars, le chômage, si tu ne fais rien, n'a aucune raison de diminuer. Si en plus tu peux comprendre que le chômage, tant qu'il reste limité, ne menace pas l'équilibre social et ne fait pas de vague, est exactement ce que la finance et les grandes entreprises peuvent rêver de mieux, si tu peux réaliser que cette idée est simple et incontournable, alors tu commence à comprendre. Il n'est rien de tel pour faire baisser les coûts salariaux, principal obstacle à l'ultime rentabilisation financière des entreprises, et pour disposer d'une main d’œuvre obéissante, mobile et corvéable à merci. Si tu commence à comprendre que tout ceci est parfaitement logique, même si un peu inhumain, alors tu commences à entrevoir le merdier dans lequel nous sommes.

Nous pouvons résorber le chômage... Ouvre simplement les yeux, bouge-toi le cul, et ça ira mieux !

Et me dit pas que tu va encore voter pour eux aux prochaines présidentielle... Non, c'est pas vrai  ! Tu es vraiment incorrigible !

Ou comme le disait fort bien un de mes camarades de lycée, pas intellectuel pour deux sous, mais avec, comme disait Coluche, les deux pieds qui touchent bien par terre : "Et quand tu pisses sur tes pompes, tu te plains qu'il pleut ?"

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  Il est loin le libéralisme de grand-papa !
Posté par : Franck_Audeport - 02-07-2017, 09:19 PM - Forum : Politique, Economie, Finance - Pas de réponse

Nous sommes passé d'un libéralisme d'abondance basé sur l'exploitation et la transformation des ressources à un libéralisme de pénurie, basé sur la spéculation et la rationalisation financière de l'économie.

Les qualités humaines qui avaient été nécessaires pour trouver, extraire, produire de la valeur, et qui ont fait l'histoire de l'humanité, n'ont plus cours aujourd'hui. Les qualités requises dans le "néolibéralisme" sont les pires défauts humains que l'on puisse imaginer : l'absence de toute valeur morale, la capacité à n'envisager le monde et l'humanité que comme ressource à exploiter, la capacité à détruire dans la plus grande indifférence les entreprises qui fondent l'économie réelle en les pressurant jusqu'à l'extrême pour en faire sortir la moindre valeur boursière, la capacité à ne pas réaliser que le système économique actuel, où l'ensemble de l'argent détenu et échangé ne recouvre rien d'autre que des dettes irrécouvrables et des spéculations sans fondement, est une aberration non viable.

Le libéralisme de grand-papa n'était pas viable non plus, certes, il amenait tranquillement notre monde à l'épuisement des ressources, à la pollution totale de l'environnement, aux déséquilibres sociaux majeurs. Il nous amenait au bord du précipice, mais il n'allait pas trop vite, il nous laissait le temps d'ouvrir les yeux et la possibilité de réagir.

Le néolibéralisme actuel ("ultralibéralisme", "capitalisme financier", peu importe) est une fuite en avant à un rythme accéléré et forcément aveugle, qui a besoin pour entretenir cet aveuglement de toute la puissance des médias, de sons et d"images diffusés partout et en permanence, pour ôter aux peuples qui subissent ce mouvement toute possibilité de l'entraver.

Aux peuples, l'aveuglement et l'idéologie consumériste de base. Aux élites, la foi, l'idéologie techno-scientiste : les nanotechnologies trouveront des solutions, l'énergie gratuite c'est possible, de nouvelles ressources se trouveront forcément, les sciences ont toujours trouvé des solutions... Et pour les plus pessimistes de nos élites : quand la vie sera devenue impossible sur terre, nous serons en mesure d'inventer d'autres formes de vie entre OGM et bionique, ou de quitter la planète...

Avec des petits hommes verts servant de taxi intergalactiques ?

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  Les hiérarchies
Posté par : Franck_Audeport - 02-07-2017, 08:43 PM - Forum : Politique, Economie, Finance - Pas de réponse

Dans nos sociétés néolibérales, les hiérarchies sont la principale forme d'organisation par laquelle une minorité incompétente, avec pour seul idéal ses désirs matérialistes et pour seule qualité son absence de valeurs morales, maintient et accroît son pouvoir sur la majorité.

Dans les institutions de l'Etat, dans les partis politiques, dans les syndicats, dans les entreprises et même jusque dans les associations dites de gauche, humanitaires, altermondialistes, cette forme d'organisation héritée de nos instincts animaux les plus primaires, mais raffinée par notre intelligence instrumentale et renforcée par notre égoïsme exacerbé, cette forme d'organisation sévit durement. Aujourd'hui, elle empêche ceux dont les rêves et les espoirs sortent du rang, ceux qui auraient les qualités pour diriger le monde autrement que pour les intérêts égoïstes à très court terme des minorités au pouvoir, tous les êtres humains de valeur de pouvoir influer le cours des choses.

Dans mon entreprise, il est totalement impossible de trouver un représentant de la hiérarchie capable d'exprimer une idée qui contredirait son supérieur hiérarchique. La vérité vécue par tous à la base de l'édifice, dans le travail quotidien, dans les relations de travail, cette réalité ne remonte que rarement le 1er niveau de la hiérarchie, et quand elle atteint, déformée, affadie, politiquement corrigée, le 2nd niveau, elle ne le dépasse jamais. Ainsi nos élites incompétentes peuvent rester dans leur monde virtuel, coupés du réel, mais certains de leur compréhension du monde et de la justesse de leurs décisions qui, ça tombe bien, servent leurs intérêts.

Les hiérarchies sociales pouvaient dans les sociétés qui nous ont précédé avoir une certaine "utilité" sociale, voire une certaine noblesse lorsque le pouvoir était attribué à une personne ou conquis par elle en raison de ses qualités. Elles pouvaient jouer un rôle important dans l'éducation des individus comme dans la bonne conduite des affaires sociales dans l'intérêt du groupe. Aujourd'hui, elles sont l'un des principaux vecteurs de l'idéologie néolibérale et l'instrument principal de l'asservissement des masses aux intérêts d'une minorité de plus en plus petite, mais de plus en plus riche et puissante.

C'en est fini en Inde des gourous aidant leurs disciples à clarifier leur cheminement personnel. C'en est presque fini en France du compagnonnage permettant aux apprentis d'hériter de siècles de connaissances transmis par leurs patrons. Elle est terminée cette époque des grands patrons ingénieurs, faisant réussir leur entreprise grâce à leurs connaissances et compétences.

Nous sommes maintenant à un moment où la hiérarchie n'est plus qu'oppression, où tout ce qu'il y a d'humanité est écrasé par la médiocrité et la vanité.

N'émergent plus des partis politiques que les plus minables, ceux dont les motivations sont les moins nobles, dont les compétences sont des plus douteuses, ceux qui n'ont jamais réalisé autre chose dans leur vie que la quête du pouvoir.

Nous le savons tous, nous ne sommes pas si idiots que cela. Le chant de plus en plus assourdissant des sirènes médiatiques ne nous empêche pas, lorsque nous nous coupons de ces médias pour simplement regarder autour de nous et discuter avec notre prochain, de constater la nullité de ceux qui nous dirigent et les dégâts qu'ils commettent.

Mais posons-nous ces question. Jusqu'à quand allons-nous néanmoins, au dernier moment, sous prétexte de vote "utile", avec la culpabilité du vote qui "n'est pas un droit, c'est un devoir", pour les raisons les plus mauvaises les unes que les autres, voter pour ces tristes individus que les grands partis nous imposent et donc les confirmer aux postes de pouvoir qui devraient leur être interdits ? Et dans notre travail, jusqu'à quand allons-nous finalement, sans rien dire qui porte vraiment à conséquence, pour ne pas risque d'être mal vu puis réprimandé, nous soumettre à des individus dont nous savons qu'ils ont tort et dont nous subissons de façon de plus en plus évidente les inconséquences ?

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  Le but de nos démocraties actuelles
Posté par : Franck_Audeport - 11-04-2016, 02:48 PM - Forum : Réflexions vraiment très générales - Pas de réponse

Le but de nos démocraties actuelles semble être d'empêcher les gens compétents et responsables d'accéder au pouvoir pour y amener des individus imbéciles dont les seules qualités sont, de façon de plus en plus évidente, la cupidité et l'absence de scrupules.

Les médias ont évidemment dans cette mission un rôle crucial, en s'assurant que les populations restent au moins aussi imbéciles que ceux qu'elles élisent. Il leur faut pour cela occulter tout ce qui pourrait informer et faire réfléchir, soit en le rendant inaccessible à la majorité pour des raisons d'horaires (à 3 heures du matin, on peut effectivement dire beaucoup de chose à la télévision, dès lors que personne n'écoute), soit en le noyant ces quelques rares informations dans un déluge d'informations insignifiantes et incompréhensible (le journal de 20 heures étant le fer de lance de cette offensive), soit tout simplement en comptant sur les individus eux-mêmes pour choisir les contenus qui les distraient, le sexe, la violence, le jeu, le sport, la mode, le "fun", plutôt que les contenus qui l'indisposent et risqueraient de le faire réfléchir.

On peut légitimement se poser la question de savoir si sans les médias de masse, un tel dévoiement de nos démocraties serait possible. Et l'avènement des élections payantes (les primaires des Républicains et des Socialistes) ou d'un candidat à l'élection présidentielle comme Macron, spécialiste de la manipulation médiatique et en même temps subordonné dans son discours et ses actions au feedback d'internet, nous montre que nos "démocrates" ont encore une large marge de manœuvre, pour ne pas dire une large marge de magouille pour pervertir la démocratie et porter au pouvoir des individus encore plus incompétents, encore plus corrompus, et donc encore plus dangereux.

Quand y aura-t-il une personne lucide ou intègre dans le champ politico-médiatique pour dénoncer cette imposture, cette supercherie, cette mascarade ? Je ne sais pas si la démocratie a jamais véritablement existé en France, mais je sais qu'on s'en éloigne rapidement. Si dès le départ, notre démocratie a été bâtie pour permettre à la bourgeoisie de prendre le pouvoir et d'y rester, son histoire est parsemée de personnages illustres dotés parfois d'un certain idéal social, animés par des convictions sincères et visant un peu plus loin que leur propre élection. Mais depuis De Gaulle, le moule est cassé, la démocratie au moins en France ne sert plus qu'à permettre aux pires d'accéder au pouvoir au détriment des meilleurs. Tout ceci au final pour permettre à la mécanique économique mondiale ultralibérale de broyer toutes nos sociétés pour se les asservir.

Le but de nos premières démocraties occidentales étaient de transférer le pouvoir de l'aristocratie à la bourgeoisie. Le but de nos démocraties actuelles est de permettre à une toute petite minorité de moins d'un millième de la population mondiale, qui n'appartient plus à aucun pays et échappe à toutes les lois, de s'accaparer de la totalité des pouvoirs et les richesses au détriment de la quasi-totalité de l'humanité. Mais nous sommes bien sûr en démocratie et la démocratie c'est bien, il ne faut pas critiquer...

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  Aujourd'hui, comment décide-t-on ?
Posté par : Franck_Audeport - 10-14-2016, 08:17 AM - Forum : Réflexions vraiment très générales - Pas de réponse

Plus mon expérience s'accumule, dans de la sphère politique qu'économique, et plus elle confirme une chose.

Dans le passé, les grandes décisions importantes n'ont pas toujours été des plus éclairées. L'exemple de la ligne Maginot nous montre bien comment les hiérarchies militaire et politique au plus haut niveau, ont pu être incompétentes, consacrer un budget énorme pour une entreprise totalement inutile (même si très bien réalisée par ailleurs), la 2ème des guerres dite "mondiales" l'ayant clairement démontré. La ligne Maginot consistait à construire un obstacle militaire entre la France et les pays à l'est et au nord... ou plus exactement la plupart des pays à l'est et au nord, et en laissant des trous béants sur une bonne partie de la frontière, à savoir la Belgique et la Suisse. C'est presque construire une chaîne extrêmement solide en oubliant juste 2 maillons : quiconque a une vue d'ensemble, une vision stratégique et un peu d'imagination en repère les points faibles. Les stratèges allemands n'ont pas mis plus de quelques heures (et sans aucun argent) pour trouver comment rendre vain ce formidable ouvrage qui demanda rien moins que 5 milliards de francs de 1930 à 1936.

Les techniciens qui ont conçu l'ouvrage étaient compétents. Les ouvriers qui l'ont réalisé étaient compétents. Les militaires qui ont apporté leur contribution à la conception et à la réalisation étaient compétents. Les décideurs ne l'étaient pas.

Mais nous pouvons dans l'histoire trouver aussi d'innombrables exemples de systèmes de décision qui ont fonctionné correctement et ont conduit à des actions réussies. OK, on verra que dans tous les cas de projet réussi, ces instances de décision étaient finalement assez réduites, et finalement assez peu démocratiques, donc finalement assez différentes des instances de décisions actuelles, mais cela nous entraînerait vers d'autres réflexions. La seule chose que je retiens, c'est qu'il existait des instances de décision au plus haut niveau composées de gens compétents, expérimentés, clairvoyants, qui ont su parfois très rapidement faire les bons choix pour réussir.

Aujourd'hui ? Tous les lieux de décisions importants ont été trustés par des individus non seulement incapables de faire quoi que ce soit par eux-mêmes, mais souvent même incapables de décider, de trancher, de s'engager, bref, de prendre leurs responsabilités et même pire, de diriger efficacement. Par des individus totalement coupés du réel, au sommet d'une hiérarchie de désinformation par des subordonnés serviles ou intéressés qui s'empressent de faire passer ce qu'il jugent comme "la bonne" information à leur supérieurs. Par des individus dont finalement la seule qualité n'en est pas une, celle d'être simplement stratégiquement bien placés. Des individus arrivés à leur poste souvent par soumission initiale à leur hiérarchie, par cooptation - relations personnelles - entregent - influence, quand ce n'est pas par mensonge, intrigue, malversation. On constate tristement par exemple comment nos actuels dirigeants socialistes mentent à propos de leurs études ou de leurs diplômes, démontrant ainsi à quel point le mensonge est aujourd'hui normal, systématique, comme une composante indispensable de la stratégie marketing pour se promouvoir ou promouvoir son groupe.

Ces individus sont parvenus au fil du temps à exclure du système décisionnel tous ceux qui ont les informations, les connaissances, les compétences, l'expérience nécessaires pour faire marcher les choses. Nous avons des scientifiques, des ingénieurs, des techniciens, des experts, des professionnels aguerris, bref des gens compétents. Mais ils ne font plus partie des instances de décision. Ils sont juste appelés par ces instances lorsqu'ils peuvent apporter une information qui cautionne la volonté de l'un ou de l'autre des membres de cette instance, autrement dit pour alimenter le jeu politique qui se trame au sein de ces instances. Ou bien ils interviennent après, quand les décisions sont prises, pour aider à les mettre en œuvre.

Dans ma société informatique, aucun informaticien ne fait partie de ces instances de décision qui sont emplies de gens qui seraient incapables de faire quoi que ce soit, avec un ordinateur, ou avec quelques ordinateurs + un réseau + une connexion internet, et où les gens qui ont quelques connaissances concrètes se retrouvent dans les instances de décision les plus basses de la hiérarchie. Seul notre nouveau directeur semble comprendre quelque chose et avoir fait ses preuves précédemment, mais il fait un peu figure d'extra-terrestre au milieu de gens qui ont pris l'habitude de voir leur ignorance de l'informatique récompensée par l'obtention de postes d'encadrement et la participation parfois au plus haut niveau aux décisions stratégiques.

Notre monde est maintenant régi par des instances de décisions déconnectées du réel, d'un haut niveau d'incompétence, mais qui, ayant exclu tout ceux qui pouvaient apporter informations, connaissances, compétences et expérience, n'ayant plus dans leurs rangs personne pour les contredire, sont convaincues de leur légitimité.

Une des conséquences les plus fâcheuses pour notre monde est la suivante. Les grands problèmes, écologiques, économiques, sociaux, sont de plus en plus pressants, dramatiques, ils demandent des solutions dans l'urgence. Mais comme les individus qui constituent des structures de décision, sans bien sûr admettre leur incompétence, la ressentent, ils s'avèrent ainsi souvent incapables de décider, d'arrêter leur choix, ils préférant occulter les problèmes derrière la façade médiatique et le discours idéologique (la Novlangue, inventée par George Orwell pour son roman 1984, est devenue la langue officielle des politiciens et des patrons de grandes entreprises) ou en repousser le règlement sous les prétextes les plus divers. En continuant bien sûr de faire semblant de "maîtriser".

Tout ce que ces individus savent aujourd'hui faire devant l'urgence, c'est hésiter, tergiverser, créer des groupes d'étude, des commissions d'experts, mettre en place des structures et des modes de fonctionnement qui garantissent l'impuissance (c'est particulièrement choquant au niveau de l'Union Européenne), qui interdisent justement toute action rapide et décisive, pour reporter les actions utiles et ne laisser possibles que les actions sans réel impact sur le problème à résoudre.

Et bien évidemment, comme les gens qui sont dans ces instances de décision représentent non pas les citoyens, les travailleurs, les peuples, mais les petites minorités au pouvoir, et qu'ils œuvrent hors de tout contrôle démocratique (avec par exemple, dans le monde du travail, des syndicats de plus en plus faibles et des employés de plus en plus passifs), ces instances déconnectées du réel ne servent plus que l'intérêt exclusif de ces minorités au détriment des intérêts généraux des peuples, de l'humanité, de la planète. Elles n'ont même plus les contrepouvoirs qui autrefois, s'ils ne permettaient pas forcément de trouver des solutions, empêchaient que les décisions ne soient prises en fonction des seuls intérêts de la minorité au pouvoir.

Nos élites dirigeantes ne sont même pas capables de voir qu'à terme, elle œuvrent pour une ruine généralisée de l'économie, de l'humanité et de la planète, qui les emportera bien avant que les peuples dirigés ne disparaissent complètement : car pour maintenir ses richesses, la minorité régnante a besoin d'une majorité de pauvres que l'on exploite et d'un peu moins pauvres qui consomment. Lorsque ces majorités ne pourront plus ni être exploitées, ni consommer, la minorité apprendra alors très vite ce qu'est la précarité.

Je ne vois nulle part dans nos systèmes de décision actuels un changement s'amorcer qui pourrait éviter ce scénario. Il n'y a désespérément plus aucune lueur d'intelligence, de courage et d'humanité chez nos soit-disant "représentants" politiques, et pas davantage chez les dirigeants des grandes entreprises qui mènent l'économie. Les quelques velléités de réalisme et d'efficacité que j'ai repérées, dans la vie politique ou économique, ou simplement autour de moi dans mon entreprise, ont été très vites contrecarrées et vouées à l'échec par la réaction du système, elles ne semblent plus être en mesure de déstabiliser ce système au point d'en modifier sa course inexorable.

Quand le pilote n'a plus moyen de changer sa direction et sa vitesse tout simplement parce qu'il n'en voit plus la nécessité, seul le choc contre le mur peut lui rappeler la réalité. C'est un peu brutal, mais finalement, c'est assez mérité.

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