Pour un changement humain
#1
Je ne suis pas bouddhiste.

Mais après avoir vécu ma propre existence et m'être fourvoyé bien des fois, après avoir réfléchi beaucoup et m'être trompé souvent, après avoir rencontré bien des gens très différents, après avoir lu beaucoup, j'en arrive aux certitudes suivantes :
  • le changement humain est possible, et tous les êtres humains en sont capables, dans une mesure plus ou moins grande, plus ou moins profondément, plus ou moins rapidement ;
  • le monde actuel appelle ce changement, de façon criante et urgente : les problèmes écologiques, démographiques, alimentaires, médicaux, psychologiques, sociaux, les conflits et les guerres, tout montre à l'évidence que nous sommes au bord du chaos ou de la catastrophe ;
  • le premier obstacle à ce changement est dans les illusions des individus, illusion que l'être humain est incapable de changer, illusion qu'il n'a pas les moyens de changer, illusion que le changement ne servirait à rien, illusion que ce changement n'est pas nécessaire et qu'il suffit de quelques réglages de la machine économique, de quelques rustines sur nos institutions pour que tout aille mieux, ou de quelques progrès scientifiques qui vont - n'en doutons pas - advenir pour apporter les solutions miraculeuses ;
  • il y a des moyen d'initier ce changement, et le bouddhisme en est un, majeur.
Pourquoi le bouddhisme ? Par facilité, j'exclus de suite le judaïsme : cette religion s'acquiert par la naissance, principalement par la mère, elle ne fait montre d'aucun prosélytisme, et semble au contraire vouée à créer des liens très forts de solidarité et d'entraide au sein de la diaspora. Quant au christianisme et à l'islam, on les retrouve impliqués dans les guerres, les génocides, l'esclavagisme, la torture, la haine entre les peuples : comment dès lors leur faire la moindre confiance ? Au mieux pourrais-je extraire des textes fondateurs quelque pensée qui me semble juste, mais je ne serai même pas sûr que ce que j'en extrais est bien ce à quoi les croyants attachent de l'importance. Au mieux pourrais-je trouver parmi les personnages célèbres de ces deux religions des gens exemplaires : mais ces personnages d'exception sont ce qu'ils sont, des personnages d'exception. Et bien sûr je pourrais trouver autant de personnes que je le souhaite qui croient en ces religions pour incarner la gentillesse, la générosité, l'humilité et bien d'autres qualités. Mais ces personnes ne doivent pas ces qualités à leur religion, qu'elles connaissent souvent assez mal : elles les doivent à leur famille, à leur milieu social, à leur culture, et souvent aussi aux aléas de la nature et de la vie, au hasard de leur particularités personnelles et de leur histoire.

Le seul fait que le bouddhisme ne se présente pas comme la meilleure religion, ne se compare pas aux autres, n'essaie pas de faire croire qu'il est scientifiquement démontré, ne tente pas de convertir le reste de l'humanité, ne provoque pas des conflits et des guerres avec ceux qui ne partagent pas ses points de vue, cela "suffit" pour m'inspirer confiance. On est aux antipodes de certaines religions qui m'apparaissent aujourd'hui de plus en plus comme de simples machines du guerre, engendrant haine et soumission pour atteindre le pouvoir et régir le monde.

C'est pourquoi je ne saurais trop recommander de visionner quelques documents qui permettent à chacun, selon sa personnalité, son expérience, de comprendre ce qu'est le bouddhisme (le contraire à bien des égards de ce que nous avons en tête lorsque nous pensons "religion") et surtout ce qu'il peut apporter à chacun d'entre nous.

De nombreux ouvrages sont disponibles, bien évidemment, mais trop nombreux justement. Et si un enseignement comme le bouddhisme est fait pour une transmission directe, de maître à disciple, le livre n'est pas forcément le meilleur vecteur.

Les documentaires ont cet intérêt parfois d'aller à l'essentiel, car on doit mettre beaucoup moins de choses dans 2 heures de films que dans un ouvrage de 200 pages, et surtout ils nous montrent des bouddhistes s'exprimer, communiquer, vivre, et lorsque quelqu'un vous propose un quelconque progrès humain, il est toujours intéressant de pouvoir constater en quoi ce progrès consiste et de vérifier qu'il est réel au travers ceux qui l'incarnent.

Un prêtre qui écrit de belles pages sur l'amour du prochain et se révèlerait un être torturé et égoïste, cela aurait de quoi rendre sceptique. Une vidéo ne remplacera jamais le contact direct que l'on peut avoir avec une personne ou une communauté, mais laisse voir des choses qu'un écrit ne peut transmettre.

C'est pourquoi j'ai envie de présenter plusieurs documentaires qui nous présentent ce bouddhisme "incarné" par des personnages d'exception, si on veut bien comprendre "exception" dans un sens différent ce celui où nous l'utilisons habituellement : ces gens ne sont pas exceptionnellement riches, ni exceptionnellement puissants, ni exceptionnellement célèbres, ils n'ont en fait d'exceptionnel que la clarté de leur discours, la simplicité de leur contact, leur charisme profond aux antipodes de la fausseté mielleuse d'un commercial, d'un politique, d'un présentateur de télévision, indifférent aux trompettes de la renommée si bien décriées par Georges Brassens.

De nombreux documentaires existent aujourd'hui sur le bouddhisme tibétain et le Dalaï Lama (souvent en anglais). Mais nous avons la chance de disposer de documentaires réalisés en français, par des français :
J'ajoute ceci : la Chine, pour étendre son pouvoir, a envahi le Tibet, massacré la population et les moines tibétains, puis n'a eu de cesse de s'opposer au Dalaï Lama, ce petit homme ô combien gênant pour le grand empire. Et nos pays occidentaux ont tous laissé faire.

Notamment la France. La réconciliation franco-chinoise s'est en effet faite sur le dos du dalaï lama : même s'il ne l'admet pas, Nicolas Sarkozy a dû promettre à Pékin de ne plus rencontrer ce "diable en habit de moine", selon la terminologie du Parti communiste chinois… Le communiqué commun franco-chinois d'avril 2009 a ainsi été présenté à Pékin comme une grande victoire diplomatique.

En mars 2009, le dalaï-lama devra annuler une visite en Afrique du Sud, pour une conférence au côté d'autres prix Nobel de la paix. Seul son visa sera refusé par Pretoria, "au nom de l'intérêt national". On est loin du courage de Nelson Mandela qui en août 1996, accueillait chaleureusement ce personnage d'exception sans tenir compte de l'opinion chinoise.

Plus récemment, une rencontre entre le dalaï-lama et Obama ce 5 février 2015 a provoqué une vive réaction de Pékin. La Chine a réagi avec colère à l'accueil par Washington du dalaï-lama, auquel Barack Obama a rendu un hommage appuyé. « Nous sommes opposés à la réception du dalaï-lama par des pays étrangers et nous nous opposons à l'ingérence de pays étrangers dans les affaires intérieures de la Chine », a déclaré Hong Lei, porte-parole de la diplomatie chinoise.

La Chine avait déjà exprimé son mécontentement lorsque le dalaï-lama avait eu des entretiens avec Obama en février 2014 à Washington et avait expliqué que cette initiative risquait d'avoir des répercussions sur les relations entre les deux pays.

Bien évidemment, les américains, et notamment la CIA, ont bien compris comment ils pouvaient tenter d'utiliser ce personnage à leurs fins, mais cela n'ajoute et ne retire rien au message que celui-ci défend, parfois à l'encontre justement de la mentalité américaine. C'était une parenthèse pour répondre à ceux qui critiquent le dalaï-lama en raison de ces relations douteuses, sans jamais parler du discours et de la pratique proposés.

Si vous voulez donc comprendre ce qui fait peur au pays en passe de devenir le plus puissant du monde (si ce n'est déjà fait vu la façon dont les capitaux chinois infiltrent toute l'économie américaine...), découvrez ce qu'est le bouddhisme et pourquoi cette religion dérange tous les pouvoirs autoritaires, bien plus sûrement que le communisme n'a jamais gêné le capitalisme.


Le bouddhisme parle de compassion, d'amour, de joie, un peu. Il les met en pratique, beaucoup.



Mathieu Ricard et Jane Goodall, nommée « Messager de la paix » des Nations Unies par Kofi Annan, primatologue et éthologue anglaise, pour la protection de la biodiversité, le développement durable, l'éducation Le Dalaï Lama et Desmond Tutu, archevêque anglican sud-africain prix Nobel de la paix 1984, proche de Nelson Mandela Mathieu Ricard et Arnaud Desjardins, deux français partageant leur expérience spirituelle
Le Dalaï Lama et Lech Walesa, prix Nobel de la paix 1983, président du syndicat Solidarność, défenseur de l'intérêt des ouvriers polonais, opposé au pouvoir soviétique Le Dalaï Lama et Mathieu Ricard, comme quoi on peut être français et comprendre le bouddhisme Le Dalaï Lama parle avec une jeune fille
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