Peuple et gouvernement : la solution de Bertold Brecht
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Bertolt Brecht - La solution (écrit en 1953, censuré, publié en 1959) :
Après l'insurrection du 17 juin,
Le secrétaire de l'Union des Écrivains
Fit distribuer des tracts dans l'Allée Staline.
Le peuple, y lisait-on, a par sa faute
Perdu la confiance du gouvernement
Et ce n'est qu'en redoublant d'efforts
Qu'il peut la regagner.
Ne serait-il pas
Plus simple alors pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d'en élire un autre ?

Texte original en allemand : Die Lösung :
Nach dem Aufstand des 17. Juni
Ließ der Sekretär des Schriftstellerverbands
In der Stalinallee Flugblätter verteilen
Auf denen zu lesen war, daß das Volk
Das Vertrauen der Regierung verscherzt habe
Und es nur durch verdoppelte Arbeit
zurückerobern könne. Wäre es da
Nicht doch einfacher, die Regierung
Löste das Volk auf und
Wählte ein anderes?

Il y a plus de 60 ans, Bertold Brecht écrivait à propos de l'Allemagne de l'Est ce qui se passe aujourd'hui dans notre vieille Europe et particulièrement en France : une élite qui monopolise le pouvoir, qui n'entend pas se remettre en question et préfèrent discréditer le peuple, ce salaud de peuple, populiste, raciste, borné, attaché à des valeurs obsolètes.

J'apprenais il y a peu qu"Emmanuel Macron, notre ministre des banques et des grandes entreprises internationales, non satisfait de pouvoir conduire l'économie française à la ruine, projetait d'y amener tout le pays en accédant au pouvoir suprême, celui de président de la république. Ou plus exactement, j'apprenais comment ce triste individu sans idéal et sans morale s'y prenait pour peu à peu non pas modifier son programme pour l'adapter aux besoins et aux attentes du peuple français, mais pour modifier le peuple français et l'adapter à ce que de toute façon il a décidé de faire car cela satisfait les intérêts de ses commanditaires, et que c'est même à eux qu'il doit d'être là où il est aujourd'hui. On ne falsifie pas sa biographie pour finir responsable et même associé chez Rothschild pour servir les intérêts du peuple.

Il fait ainsi appel à l'une des sociétés les plus connues, spécialisée dans l'analyse des données d'internet, pour repérer, entre autres, qui sont les indécis susceptibles de changer d'opinion politique, où ils se situent géographiquement et quels sont les thèmes à aborder et les mots à employer pour parvenir à faire pencher ces indécis du bon côté.

Et Emmanuel Macron n'est que l'un de ces nombreux parasites qui chez les Républicains-Socialistes (les autres partis n'étant pas beaucoup plus reluisants), servent leurs intérêts, ceux de leur caste ou de leurs mandataires, en bernant le peuple et en le dépossédant peu à peu de tout, son travail, ses économies, sa culture, ses droits.

Et comme ce peuple n'a plus vraiment toute sa tête, comme ses neurones se sont entre eux déconnectés pour se brancher en permanence sur les médias, gageons que les politiques auront de moins en moins besoin de répondre à ses préoccupations, attentes et besoins légitimes, et seront de plus en plus tentés d'utiliser cette connexion de plus en plus permanente et exclusive pour modifier se peuple, l'influencer, modeler ses idées, ses opinions et jusque ses sentiments et émotions.

A la suite de Sarkozy, ils n'hésiterons plus à renier la volonté populaire, les référendums et consultations diverses, à discréditer l'électorat en tenant à son égard des propos de plus en plus proches de l'insulte, pour finalement orienter la société dans une direction déjà fixée à l'avance par ceux qui détiennent le pouvoir financier et économique.

Dans l'esprit des français, il y a encore des réactions, mais ça ne connecte plus vraiment, ça ne fait plus le lien entre la cause et l'effet, entre l'action et les conséquences. Au final, ce pauvre peuple qui a pourtant connu des moments plus glorieux continue désespérément de voter pour ceux qui le méprisent, le manipulent et l'exploitent, exactement comme une femme battue et maltraitée reste attachée à son bourreau ou passe d'un homme qui la bat à un autre qui la maltraite. C'est exactement le même mécanisme psychologique.

Les esclaves ont bien assimilés leur condition d'esclave. S'il fut difficile de faire perdre à de nombreux noirs américains la mentalité d'esclave qui leur faisait accepter leur sort comme normal, il le sera encore plus de faire perdre aux français cet aveuglement qui leur fait accepter des individus non seulement incompétents, mais ouvertement malhonnêtes, comme des personnes dignes de diriger un pays, tant leur situation est advenue lentement, sans traumatisme massif, et tant ceux qui nous dirigent nous ressemblent, et hélas pas que par la couleur de la peau.


Le cauchemar de Bertolt Brecht est terminé. Le nôtre a commencé.
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